Un flic très aimé de ses
collègues, Max Rossi (Olivier Rabourdin) est dénoncé pour avoir
violenté et
blessé Farid Benaissa (Adrien Saint-Joré), un jeune prévenu accusé de
viol et de meurtre. Il est interrogé
par Roland Vogel (Geoffroy Thiebaut) de l'IGS, mais l'interrogatoire
dérape et Max se suicide. Le commissaire Bordier (Denis Sylvain) tente
de soutenir ses hommes écoeurés, mais plusieurs d'entre eux, menés par
Eddy Kaplan (Jean-Hugues Anglade) décident de forcer Benaissa à avouer
qu'il a menti...
Des décors lugubres, une photographie un peu crasseuse à dominante
jaune-grisâtre, une atmosphère sombre, des personnages a priori peu
sympathiques... L'entrée en matière est conforme à la vision du monde
policier qu'Olivier Marchal a déjà exposée dans ses précédents films ("MR73", par exemple), c'est-à-dire pas vraiment
engageante. Point ici de surhommes intrépides et salvateurs à la "24 heures",
mais un panier de crabes qui évoque plutôt "The Shield". Pas non plus
d'intrigue linéaire, avec ouverture, développement et objectif
nettement définis. Mais, à partir d'un fait divers banal, comme il s'en
présente mille fois par an dans les commissariats, la chronique d'une
descente aux enfers inéluctable pour des flics déboussolés qui, de
petits dérapages en tentatives désespérées de rattraper les erreurs,
finissent par devenir les clones de ceux qu'ils pourchassent. Et
aucun univers n'est épargné par cette gangrène contagieuse. Que ce soit
celui de l'IGS, avec un Roland Vogel particulièrement puant, ou celui
de la Justice, avec un procureur Vanderbeke (Pascal Elso) aux
motivations tout sauf limpides.
Le choix d'une approche psychologique dégraissée jusqu'à l'os des
personnages, fait que l'empathie du spectateur envers ceux-ci ne paraît
pas évidente. C'est d'ailleurs avec une distanciation certaine que l'on
observe, pendant les deux premiers épisodes, ces individualités
écorchées et bien peu communicantes. Mais, progressivement, une sorte
d'alchimie s'opère et c'est avec les tripes de plus en plus nouées que
l'on accompagne ce quatuor gorgé de souffrances emmené par Jean-Hugues
Anglade, toujours aussi envoûtant, et un Nicolas Duvauchelle qui ne
l'est pas moins. Quant au scénario, il marque profondément, tant par
son implacable et sombre rigueur, que par son refus obstiné de toute
facilité émotionnelle.
> Le film
sur IMDB