Popeye
(Thierry Lhermitte) tient, avec sa richissime épouse, Graziella
(Ornella Muti) le Prunus Resort, un luxueux complexe hôtelier, en
Sardaigne. Mais, fidèle à ses habitudes, il la trompe allègrement avec
la cuisinière en chef, Elena (Caterina Murino), qui commence à
s'impatienter dans son rôle de maîtresse cachée. Comme un malheur ne
vient jamais seul, arrivent les anciens amis, qui se considèrent comme
propriétaires du palace, ayant placé cinq cents francs, vingt ans
auparavant, dans l'acquisition du bien. Le cataclysme ne tarde pas à
s'annoncer, lorsque Benjamin (Arthur Jugnot), fils de Bernard Morin
(Gérard Jugnot) et de Nathalie (Josiane Balasko), arrive avec sa
"fiancée" qui n'est autre que le comptable de son père...
Même si "les Bronzés" et "Les Bronzés font du ski"
n'étaient pas un modèle de finesse et de scénario, c'est toujours un
plaisir, trente ans après, de retrouver les facéties et les délires
concoctés par la bande du Splendid. Replonger dans ce monde trois
décennies plus tard ne devait pas être une tâche aisée. Les
caractéristiques des deux premiers volets étaient la simplicité, la
spontanéité, un naturel aussi primaire qu'efficace. Ici, la spontanéité
a disparu totalement, le naturel, idem, quant à l'efficacité, elle
reste à l'appréciation de chacun. Il est assez facile d'imaginer l'état
d'esprit des scénaristes (ils se sont mis à six, tout de même !) dans
la perspective de l'accouchement : comment redonner vie à ces zigotos
déjantés, retrouver le charme de leurs frasques d'antan, ne pas
dépayser tout en apportant quelque chose de neuf ? Une sorte de
quadrature du cercle ! Le résultat est pour le moins... douteux. Si les
personnages de Jérôme (Christian Clavier), de Popeye, et du couple
Morin, demeurent dans la ligne de leurs caricatures de jeunesse,
certains autres virent carrément au n'importe quoi. Gigi (Marie-Anne
Chazel) affublée de seins hypertrophiés, passe encore, mais devenue
amoureuse folle des moumoutes jaunâtres de Jean-Claude Dus (Michel
Blanc), métamorphosé en business man américain, c'est tout de même du
gros à ingurgiter. Quant à Christiane (Dominique Lavanant),
esthétiquement "ratée" par Jérôme, et jouant les initiées bouddhistes,
ça n'est pas beaucoup plus digeste. D'autant plus que l'ensemble n'est
pas, à mon sens, particulièrement drôle. †a
part un peu dans tous les sens, ça crie beaucoup, ça s'agite tous
azimuts, mais le plaisir passe à la trappe. Dans tout ce foutoir, il
est bien difficile de retenir l'instant magique, la réplique indélébile
("il a un malaise, le peignoir ?"), le moment inspiré, que l'on se
remémore entre potes des années plus tard. La folle jeunesse a disparu,
c'est normal. Comme le dit Brassens dans sa chanson, "quand on est con,
on est con !". C'est une certitude ! Mais, tout de même, il y a
infiniment plus de fraîcheur dans les cons jeunes que dans les cons
caducs...