Un
chauffeur de poids lourd, Paul Conroy (Ryan Reynolds), employé en Irak
par une compagnie américaine, se retrouve, suite à l'attaque de son
convoi, enfermé dans une caisse en bois, sous terre, avec un téléphone
portable à demi chargé et un briquet...
A l'heure des superproductions aux effets spéciaux
délirants, il ne faut pas manquer de culot pour oser proposer un film
d'une heure et demie qui se déroule dans un espace confiné de trois
mètres carrés et dans le noir ! Mais, autant "Le projet Blair Witch",
par exemple, relevait presque du foutage de gueule, autant cette
histoire, aussi improbable soit-elle, empoigne le spectateur dès la
première seconde (enfin... après trois longues minutes d'un générique
agaçant !), pour ne plus le lâcher jusqu'à la chute finale
particulièrement maligne, qui saisit à la gorge et noue les tripes !
Et, malgré l'absence totale de sortie aérienne pour quelques flash-back
attendus, les 90 minutes passent sans que l'on s'en aperçoive. Une
sacrée réussite ! Quant à Ryan Reynolds, il est tout simplement
parfait. Cerise sur le gâteau, si l'on peut dire dans de telles
conditions, le scénario offre au passage une condamnation glaçante des
pratiques pourries de multinationales totalement déshumanisées.
Une fois l'émotion primaire digérée, force est de reconnaître que le pitch du film, qui tient vaguement de "Cube" ou de "Saw",
relève davantage de l'intelligence roublarde et fructueuse d'un
scénariste, que d'un désir de réalisme documentaire authentique. A
moins d'être totalement à côté de ses pompes, ou d'avoir fait sien un
adage Lelouchien ( : pourquoi faire simple quand on peut faire
compliqué ? ), quel terroriste s'amuserait à une telle mise en scène
pour que son prisonnier se filme lui-même, envoie sa photo grâce à un
téléphone presque déchargé, ou se coupe lui-même le doigt grâce à un
couteau obligemment fourni ? Il n'empêche que l'efficacité immédiate et
la tension dramatique étouffante suffisent à bloquer toute réflexion
durant l'intégralité du récit.
Un minimalisme tétanisant !
Pour l'anecdote, cette oeuvre ne détiendrait-elle
pas le record absolu du coût le plus minime ? Si l'on excepte, bien
sûr, le salaire de l'acteur ! Une caisse en bois, une torche, un
briquet, un téléphone portable et un sac de sable ! Difficile de
concevoir moins !
Film sur
IMDB