Albin
Mougeotte, surnommé "Zaza Napoli" (Michel Serrault) vit depuis
longtemps avec Renato Baldi (Ugo Tognazzi) et se produit en travesti
dans le spectacle du célèbre cabaret "La cage aux Folles". Leurs
disputes sont régulières mais le couple tient plus ou moins bien la
route. Un jour, Laurent (Rémi Laurent), un fils issu d'une relation
ultra courte entre Renato et Simone Deblon (Claire Maurier), arrive et
annonce à son père qu'il désire se marier avec Andrea (Luisa Maneri).
Mais les difficultés ne sont pas simples à résoudre. Le père de la
jeune fille, Simon Charrier (Michel Galabru) est membre d'un parti
politique nommé "l'ordre moral" dont le président vient d'être retrouvé
mort dans les bras d'une prostituée noire et mineure. Pour compliquer
encore la situation, Renato a été présenté par Andrea comme un attaché
culturel d'ambassade. Le plus urgent serait de se débarrasser pendant
quelques jours de Zaza, le temps que les géniteurs fassent
connaissance. Mais le projet ne se révèle pas une sinécure...
Cette
adaptation cinématographique de la pièce de Jean Poiret est devenue un
incontournable dont les innombrables rediffusions télé n'ont pas trop
émoussé le pouvoir charmeur. Le grand responsable en est bien sûr
Michel Serrault qui du commencement à la fin phagocyte avec gourmandise
et talent l'immense majorité des scènes. Il est impossible d'oublier
ses "Ahhh" suraigus et ses pâmoisons irrésistibles. Le contraste avec
un Ugo Tognazzi digne et sobre renforce encore le côté hilarant de la
juxtaposition de ces deux personnalités charismatiques. Mais, à côté de
cette prestation éclatante, il faut bien avouer que le reste est
plutôt... léger. Le scénario est parsemé de nombreuses facilités, et ne
fait pas vraiment dans la dentelle narrative. Alors que la communauté
homosexuelle tente depuis plusieurs décennies d'apparaître sous un jour
"naturel" auprès de la société, c'est ici la caricature la plus
exacerbée qui s'affiche. Ce qui n'empêche nullement le résultat d'être
fort drôle, malgré un aspect un peu daté et une mise en scène très
basique.