Justin Pendleton (Michael Pitt), surnommé
par ses camarades de lycée "Bonaparte", est un étudiant renfermé qui développe dans un devoir de
philosophie la thèse que seul le meurtre gratuit octroie la liberté.
Quelques jours plus tard, une jeune fille est trouvée morte.
L'inspecteur de police Cassie Mayweather (Sandra Bullock) est chargée
de l'enquête en compagnie d'un collègue, Sam Kennedy (Ben Chaplin).
Tout semble accuser l'un des employés du lycée...
Les premières scènes laissent augurer d'une sombre machination plus ou
moins ésotérique, avec serments et grimoires à la clé. L'atmosphère est
savamment crépusculaire et digne d'un thriller mystérieux à souhait.
Mais cette tension lourde ne dure que le temps d'un feu de paille, et
l'on retombe dans le classique parcours : meurtre - indices - filatures
- soupçons - colère du chef de la police qui retire l'affaire au
brillant et intuitif détective - pour finir dans une rédemption
salvatrice. Cette accumulation de poncifs vus mille fois pourrait
laisser supposer que l'oeuvre est aussi vite oubliée que vue. Ce n'est
pas tout à fait le cas grâce à deux directions intelligemment utilisées
par le réalisateur. D'une part le tempérament de Cassie, que l'on
devine victime d'un douloureux passé et dont le comportement est assez
finement étudié, même s'il n'échappe pas aux habituelles péripéties du
genre : je te veux - mais je souffre - donc je te jette...
Cela permet d'ailleurs à Sandra Bullock de sortir heureusement de ses
rôles précédents qui tenaient plus de la figuration inintelligente que
de la prestation d'une actrice impliquée corps et âme. Elle habite ici
véritablement son personnage de femme blessée qui n'entrevoit pas de
porte de sortie à son traumatisme. Mais d'autre part, et surtout, grâce
aux rapports sado-masochistes, dominant-dominé, des deux jeunes
garçons, habilement utilisés et dont l'alchimie parvient à maintenir en
haleine le spectateur jusqu'au dénouement, relativement bien réussi.
Tous deux sont remarquables de machiavélisme, de sadisme et
de naïveté débonnaire.
On se laisse porter par cette enquête sans ennui mais aussi sans
véritable passion.
> Le film
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