Hank Moody (David Duchovny)
est un écrivain qui a eu son heure de gloire grâce à un best seller
"Dieu nous hait tous". Mais son inspiration s'est tarie,
et, pour combler le vide béant qui s'est invité, il drague toutes les
beautés qui virevoltent autour de lui, boit plus que
de raison, tout en voyant Karen (Natasha McElhone), la mère de sa fille
Rebecca (Madeleine Martin), envisager le mariage avec Bill Lewin
(Damian Young). Il tente sans grand succès de la faire changer d'avis,
et, pour l'heure, multiplie les conquêtes, parmi lesquelles la
séductrice Mia (Madeline Zima), qui se révèle bientôt n'avoir que 16
ans et, cerise sur le gâteau, être la fille de Bill...
Le moins que l'on puisse dire est que voilà une série qui
change
agréablement des sucreries insipides façon "Feux de l'amour" ! La
première scène, en compagnie de Jésus Christ donne le ton et claironne
fièrement que les tabous quels qu'ils soient seront rangés au fin fond
du vestiaire. Maître de cérémonie ivre de femmes, de whisky, de drogue,
mal rasé, mal embouché, méprisant les autres et plus encore lui-même,
toujours sur le fil du rasoir, entre auto-destruction programmée et
passions exacerbées, Hank nous entraîne dans sa dérive existentielle
avec une frénésie jouissive. Certes, les thèmes ne sont pas
novateurs : coucheries, ruptures, jalousies... Mais le traitement
narratif qui leur est appliqué, anticonformiste, fougueux, insolent,
acerbe,
souvent saignant, toujours
excitant, provoque une addiction immédiate, d'autant plus que les
personnages, tant masculins que féminins, qui gravitent autour du mâle
cafardeux, se révèlent tous plus affriolants ou festifs les uns que les
autres. David Duchovny est impérial dans son costume de loser
subversif, Natasha McElhone affiche une clarté radieuse, et les petites
oasis de tendresse introduisent quelques touches de douceur dans ce
monde de brutes.. Dommage tout de même que l'ensemble de la
saison soit très linéaire, sans réelle évolution ou
intensification des tensions relationnelles.