Comme chaque année, au mois d'août, le
Camping des Flots Bleus, situé près d'Arcachon, dirigé par Madame
Châtel (Christine Citti), accueille ses habitués : Sophie (Mathilde
Seigner) et Paul Gatineau (Antoine Duléry) ; Jacky (Claude Brasseur) et
Laurette Pic (Mylène Demongeot) ; Patrick Chirac (Franck Dubosc),
largué par sa femme. Mais un événement imprévu perturbe le calme
traditionnel et ronronnant des vacances : un chirurgien esthétique de
renom, Michel Saint-Josse (Gérard Lanvin), flanqué de sa fille Vanessa
(Armonie Sanders), voit sa voiture James Bondesque le lâcher à quelques
mètres du camping. La réparation demande un certain délai. Patrick
offre sa tente aux deux arrivants forcés...
Reposant, divertissant et prévisible, voilà le type même du
film sympathique à visionner entre copains, devant un bon apéritif,
sans espérer autre chose qu'une tranche de 90 minutes de détente
neuronale, ce qui n'est déjà pas si mal. Le scénario est tranquillement
minimaliste, et lorgne de manière appuyée sur "Les
Bronzés". Sans chercher midi à 14 heures, il est facile
d'établir des parallèles, qu'il est inutile de développer. Grosse
caricature et dialogues taillés au burin, malheureusement privés d'une
brillante verve audiardesque, soirées ringardes, dragues pitoyables,
scènes de ménage, rires, larmes, mélancolie, agressivité, toute la
panoplie parfois mesquine, parfois touchante, des Français (très)
moyens en vacances, est rassemblée, souvent pour un plaisir instantané,
avouons-le. Malgré la simplification extrême des personnalités (Claude
Brasseur en connard majuscule, obsédé par sa place 17 ; Gérard Lanvin
en psycho-rigide coincé des zygomatiques ; Franck Dubosc, en dragueur
repenti, boute en train, et mitrailleur de banalités...), celles-ci
finissent par développer une humanité touchante, grâce aux petites
nuances de tendresse que le scénario leur applique progressivement.
Dire que la finesse prend définitivement le pas sur le gros rouge qui
tache serait excessif, mais le film a le bon goût de ne jamais sombrer
dans le ridicule des "Bronzés 3",
et de clôturer dans la sensibilité harmonieuse un développement qui
avait commencé dans l'excessif rustique. Dommage tout de même
que ce soit le personnage de Franck Dubosc, moyennement naturel, qui
occupe le devant de la scène.
Un petit 4 étoiles pour l'été, la bonne humeur (de certains !), la
mauvaise humeur (des autres), le soleil et les nanas (en particulier
Mathilde Seigner... saignante...).
> Le film sur IMDB.com