Quatre jeunes et (soi-disant !) brillants reproters, Alan Yates
(Gabriel Yorke), son amie Faye Daniels (Francesca Ciardi), Jack
Anders (Perry Pirkanen) et Mark Tomaso (Luca Barbareschi), décident
de s'enfoncer dans la forêt amazonienne, à la recherche de tribus
vivant encore à l'âge quasiment préhistorique. Deux mois plus tard,
le Professeur d'anthropologie Harold Monroe (Robert Kerman) part avec
un guide à leur recherche, car ils n'ont donné aucun signe de vie...
Il y a certains films qui découragent le commentaire ! Deux exemples
extrêmes : "Le Projet Blair
Witch", par son vide intersidéral, qui se fout radicalement
du spectateur en ne montrant strictement rien ! Et celui-ci, construit
rigoureusement sur le même modèle, qui montre... tout !
C'est-à-dire l'insoutenable, la barbarie la plus ignoble. Mais, pour
se donner bonne conscience, il la présente avec une double caution :
celle d'un pseudo documentaire et celle d'une dénonciation du
voyeurisme des médias. Ce qui est évidemment très louable ! En
théorie...
Lorsque le Professeur Monroe parvient à récupérer le film tourné
par les quatre disparus, la télévision se jette sur la pellicule
comme un vautour sur sa proie. Comme il est facile de s'en douter, ce
combat contre l'audimat qui, il y a presque trente ans, gangrenait
déjà les chaînes, n'est qu'un prétexte pour livrer progressivement
au spectateur des scènes d'une cruauté et d'un sadisme que l'on voit
rarement au cinéma. Il est avéré, semble-t-il, que les animaux ont
été réellement massacrés, et le réalisme se fait tel qu'il est
possible de finir par se demander si des humains n'ont pas eu droit au
même sort ! Sans doute pas, espérons-le ! Quoi qu'il en soit,
l'histoire nous livre une vision cauchemardesque de l'homme primitif,
y compris, en première place, les trois prétendus journalistes de
première ligne, dont la sauvagerie est une insulte au monde courageux
des reporters sans frontières !
Le pire, dans tout cela, est que le film est très correctement
construit, photographié, monté, et que la musique de Riz Ortolani
nous rappelle quelques unes des belles compositions qu'il a données
au cinéma !