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" Les Canons  de  Navarone ",  

( The guns of Navarone ),         1961,

de : Jack Lee  Thompson,

avec :  Gregory Peck, Anthony Quinn, David Niven, Irene Papas, Stanley Baker, Anthony Quayle, Gia Scala,

Musique : Dimitri  Tiomkin

*******

    

    Le capitaine Keith Mallory est chargé, pendant la seconde guerre mondiale, d'une délicate mission : détruire les deux énormes canons installés dans l'ile grecque de Navarone, afin de permettre à six navires alliés de récupérer les deux mille soldats bloqués sur l'île de Keros. Font partie de l'équipe le caporal John Anthony Miller (David Niven), spécialiste en explosifs, le colonel grec Andrea Stavros (Anthony Quinn), Brown "le boucher de Barcelone" (Stanley Baker)... En cinq jours, les hommes doivent s'infiltrer dans la région infestée d'Allemands, pénétrer dans la forteresse de Navarone et détruire les canons... Difficile !...

    Classique de la grande époque des films de guerre, depuis "le pont de la rivière Kwaï" (1957) jusqu'à "la grande évasion" (1963), en passant par "Lawrence d'Arabie" (1962). Lorsque l'on dit "films de guerre", une précision s'impose. Ce genre connaîtra une évolution permanente aboutissant au réalisme horrifique de "Il  faut sauver le soldat Ryan" ou encore "les larmes du soleil" (2003).

    "Les Canons de Navarone" est bâti sur un scénario simple, linéaire. On part d'un point A, la description de la mission, pour aboutir au point Z, la tâche accomplie. Entre les deux, une succession d'événements classiques, routiniers même pourrait-on dire : tempête, déplacements, escarmouches avec l'ennemi, traître dans l'équipe, difficultés diverses. Des personnages solides, dominés par le trio Gregory Peck, Anthony Quinn, David Niven. Une histoire fondée sur le dépassement de soi dans un exploit a priori impossible. Tous les ingrédients utiles et nécessaires à la réalisation d'une oeuvre passionnante. Et pourtant, le  résultat ne me semble pas à la hauteur des attentes. Sans doute l'oeil a-t-il été modelé, inconsciemment, par l'évolution cinématographique du genre, toujours est-il que l'ensemble paraît bien convenu, et que l'on accorde plus d'attention aux maladresses et faiblesses qu'à l'aspect positif et enthousiasmant. 

    La mise en scène est plate, se contentant d'aligner les scènes d'action entre des pauses à l'intérêt mesuré. L'intensité dramatique semble contenue, bridée. Une tentative louable est amorcée pour approfondir le caractère des principaux protagonistes : états d'âme de Miller, sens des responsabilités de Mallory, mais tout cela est bien falot, pour ne pas dire artificiellement plaqué. Quant à la vraisemblance générale, mieux vaut n'en pas parler. Roy Franklin (Anthony Quayle) a la jambe fracturés, la gangrène s'installe, mais il ne semble jamais souffrir. La tempête fait rage, la coque de noix qui transporte l'équipe est ballottée en tous sens, mais les deux hommes discutent dans le poste de pilotage sans quasiment bouger... Bref, il manque une poigne puissante à la tête de la réalisation. Un homme capable de transformer cet alignement sympathique en une coulée énergique qui saisit le spectateur aux tripes et ne le lâche plus. C'est le cas, par exemple, pour le remarquable "Quand les aigles attaquent" qui, sur une base proche de celle-ci, allie un scénario inventif, original à la tenue constante d'un suspense magistral.

    Les qualificatifs qui me viennent à la sortie de ce film sont : gentillet, plaisant... Un comble pour un film de guerre !

Bernard  Sellier 

  

 

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