Arthur Lespinasse (Jean-Paul Belmondo) s'évade de prison avec
l'aide de son ami Anatole (Bourvil). Il a un plan infaillible :
dérober les fonds des quatorze nations intégrées à l'OTAN, dont le
siège déménage. A Londres, le Colonel Carol Matthews (David Niven)
se trouve possesseur de la même lumineuse idée. Mais il a l'avantage
d'avoir l'expérience de ce type d'action, puisqu'il est l'auteur du
hold-up le plus célèbre outre-Manche : celui du train Glasgow
Londres, cinq ans plus tôt...
Inutile de préciser que ce film a empli nombre de soirées sur le
petit écran. Mais, si l'on parvient à faire abstraction de l'usure
inévitable due à ces multi rediffusions, c'est toujours avec joie
que l'on retrouve un tandem aussi jubilatoire : Bourvil, sa voix
cassée inimitable et ses moues renfrognées ; Belmondo, jeune, monté
sur ressorts, à l'énergie inépuisable. Assurément l'ensemble a un
petit peu vieilli, les péripéties pseudo burlesques de Frankie
Scannapieco (Eli Wallach), caricature de Sicilien jaloux jusqu'au
délire de la pureté de sa soeur, Sofia (superbe Sylvia Monti !),
sont parfois limites, mais le scénario est assez habilement agencé
et constitue un très honnête divertissement. Sans égaler,
toutefois, les chefs d'oeuvre qui l'entourent, à savoir "La
grande vadrouille", "La
folie des grandeurs" et
"Les aventures de Rabbi Jacob".