Le Major Valentina Koslova (Diane Venora), aidée par l'agent du
FBI Carter Preston (Sydney Poitier), abat Ghazzi Murad (Ravil
Issyanov), un redoutable chef de bande. Mais le frère du mort, Terek
(David Hayman), prend fort mal l'événement. Il charge un tueur à
gages, surnommé "le chacal" (Bruce Willis) de supprimer le
responsable du FBI, Donald Brown (John Cunningham). Preston rentre au
pays. Les services secrets ont eu vent de la mission, mais le
problème est de localiser l'assassin, que personne n'a jamais vu !
Personne ? Si ! Un Irlandais, Declan Mulqueen (Richard Gere). Mais
celui-ci purge une peine de cinquante ans de prison pour actions
terroristes au profit de l'IRA. Preston et Koslova proposent un
marché au prisonnier. Après quelques réticences, l'accord est
passé. Declan a en effet un vieux compte à régler avec le chacal...
Ce film est un peu l'opposé de "Dans
la ligne de mire". Là où Wolfgang Petersen développait le
comportement psychologique des protagonistes, et privilégiait les
réactions humaines par rapport à l'action pure, Michael Caton-Jones
laisse une portion congrue à l'étude des tempéraments, pour
donner libre cours à l'action, au suspense, voire à la sauvagerie,
même si la vraisemblance ou la simple logique ont du plomb dans
l'aile. A condition de ne pas regarder de trop près la
cohérence des séquences, il est tout à fait possible de prendre un
certain plaisir coupable à ce règlement de compte musclé. Après
tout, on n'a pas fréquemment l'occasion d'admirer Bruce Willis sous
diverses apparences aussi incongrues qu'affriolantes : cheveux blonds
et longs, style soixante-huitard attardé, brosse militaire,
brun à la petite moustache de beauf, cheveux blancs ou encore
homosexuel aguicheur. Evidemment, cette accumulation ressemble un peu
à une mascarade. C'est sans doute la raison pour laquelle le
spectateur est gratifié de quelques scènes où le sadisme vient
contrebalancer un penchant fâcheux à faire du redoutable tueur un Arturo
Brachetti d'opérette ! Le spectacle est assuré, la trame
dramatique efficace, mais, si l'on excepte un Major Koslova touchant
sous sa froideur sibérienne et un Sydney Poitier toujours
charismatique, l'ensemble demeure primaire, et surtout porteur de
marques trop visibles d'une fabrication artificielle.