Le Commandant Quentin
Conners (Jason Statham) a été suspendu, suite à une bavure dont il a
été rendu responsable. Lorsque, quelques mois plus tard, un braquage
violent a lieu dans l'une des principales banques de Seattle, le
responsable du hold-up, Lorenz (Wesley Snipes), refuse de négocier avec
un autre que lui. Martin Jenkins (Henry Czerny) se voit donc contraint
de réintégrer Quentin dans ses fonctions, tout en imposant, à ses
côtés, la présence d'une jeune recrue, Shane Dekker (Ryan Philippe).
Cela n'empêche pas les braqueurs de disparaître, sans avoir,
apparemment, rien volé dans la banque ! Pourtant, Lorenz semble avoir
un plan précis et logique...
Plus
les années passent, plus il semble difficile de se renouveler ou
d'innover dans le genre policier ! D'autant plus que les Hong-Kongais,
Coréens et autres Extrême-Orientaux ont apporté en masse leurs
compositions très personnelles et souvent fort agitées. Tony Giglio qui
n'avait, jusqu'à présent, tourné que trois films passés
inaperçus, se lance dans le monde des superproductions explosives. Et
le résultat, sans être transcendant, se montre plus qu'intéressant. Il
parvient tout d'abord à construire une histoire captivante à partir
d'une base pour le moins usée jusqu'à la corde, bourrée de poncifs
utilisés mille fois : à savoir le flic mis à pied, le casse violent,
les courses poursuites, le mystère entourant l'ennemi public, le jeune
flic novice confronté à la réalité des enquêtes... Bref, uniquement du
déjà vu, recyclé plus ou moins bien par de multiples tâcherons de
séries Z. Malgré ce handicap, Tony Giglio parvient à insuffler
suffisamment d'idées ( la théorie du "Chaos" du
météorologue Edward Lorenz...), de sécheresse dans les
relations, de rebondissements, et de personnalité à ses protagonistes (
surtout en ce qui concerne Shane Dekker ), que les couleuvres passent
fort aisément. Quant au dénouement, à double détente, il conclut de
manière à la fois excitante et intelligemment frustrante ce puzzle
brillant, dans lequel, pour une fois, l'esprit n'est pas piétiné par le
matériel.
Bernard
Sellier