Marie (Corynne
Charbit), fille d'un PDG, Alexandre Bens (Michel Robin), disparaît au
cours d'un voyage d'agrément au Mexique. Le détective envoyé sur place,
Campana (Gérard Depardieu), rentre bredouille après un moins
d'investigations. C'est alors que Meyer (André Valardy), le psychologue
de l'entreprise, émet une idée originale : envoyer sur place François
Perrin (Pierre Richard), obscur comptable, mais doté d'un atout
inestimable : il cultive la malchance avec la même ténacité que la
jeune Marie...
Le
premier avatar des multiples confrontations ("Les Compères", "Les Fugitifs", "Le Jaguar", "L'emmerdeur", "Le dîner de Cons", "La Doublure"...)
entre les losers
interchangeables, Perrin-Pignon, et les beaux gosses sûrs d'eux,
Campana-Lucas-Milan-Brochant... Et sans conteste l'un des meilleurs
malgré
les innombrables diffusions télé, qui finissent par user n'importe quel
film, fût-il un chef-d'oeuvre. Loin des boursouflures plus ou moins
réussies qui alourdiront parfois les suites, le film de
Francis Veber, judicieusement dégraissé, se contente d'installer , avec
un humour sobre, concis, et une tendresse constante, ses deux
personnages antagonistes dans des situations presque naturelles. Tout
semble couler avec simplicité, évidence, l'excès n'est jamais de mise,
que ce soit dans l'événementiel ou dans la caractérisation des
personnages. Pierre Richard et Gérard Depardieu sont particulièrement
sobres, et les regards aussi bien que les silences sont aussi jouissifs
que les réparties ou les gags, toujours justes et opportuns. Quant au
final, dans lequel les deux personnalités, chargées du même fardeau de
malchance, entrent inconsciemment en symbiose et s'éloignent côte à
côte dans leur rêve, il est aussi poétique qu'intelligent.
Une réussite inusable.