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" Les  Choristes ",       2004,

de : Christophe  Barratier, 

avec : Gérard Jugnot, François Berléand, Jacques Perrin, Jean-Baptiste Maunier, Kad Merad, Philippe du Janerand,

Musique : Bruno  Coulais

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    Pierre Morhange (Jacques Perrin), brillant chef d'orchestre, donne un concert aux Etats-Unis, lorsqu'il apprend la mort de sa mère, Violette (Marie Bunel). Revenu en France pour l'enterrement, il rencontre Pépinot (Didier Flamand), qu'il avait connu plusieurs dizaines d'années auparavant, lorsque tous deux étaient internes dans l'école "Fond de l'étang", dirigée par le redoutable Rachin (François Berléand), dont la méthode disciplinaire tient en deux mots : action-réaction. Les deux hommes se remémorent cette année 1949, qui avait vu l'arrivée d'un nouveau "pion", Clément Mathieu (Gérard Jugnot)...

    Malgré la fulgurante percée des adaptations de jeux video, genre "Spider-man" ou "Daredevil", dans lesquels la réalité quotidienne n'a plus aucune place, il existe encore, manifestement, un créneau pour les réalisations "passéistes". Il suffit de constater le succès étonnant de "Etre et avoir" ou de ces "Choristes". Étonnement ne sous-entend pas "anormalité", loin de là. Il serait tout de même passionnant, à l'époque où l'on ne peut plus sortir aucune émission ou produit sans que des armadas de statisticiens fournissent leurs études, de connaître la frange de population qui fréquente les salles obscures pour voir "Catwoman" ou, à l'opposé, un film tel que celui-ci. Est-ce la nostalgie des années cinquante qui tenaille les soixantenaires actuels ? Peut-être...

    En tout cas, je ne sais si cette école "spéciale" dirigée par une sorte de monstre caricatural, violent et refoulé, dans lequel François Berléand se régale, est le reflet d'une réalité ponctuelle, ou sort uniquement de l'imagination d'un scénariste. Toujours est-il que, lorsque j'ai eu le déplaisir de goûter aux premières classes dans de bien sinistres conditions, en 1954-1955, si les instituteurs ressemblaient malheureusement fort au sévérissime Rachin, les enfants, eux, ne bronchaient pas le moins du monde ! Il est donc aussi surprenant d'assister au foutoir généralisé qui accueille le pauvre Clément, qu'il l'était de voir, en 2002, une classe aussi calmement anachronique, que celle de Georges Lopez dans "Etre et avoir" !

    Cela dit, le succès de cette oeuvre est tout à fait mérité et ne peut que réjouir. Bien que les événements soient archi prévisibles (on n'a aucun mal à prévoir que Mathieu va mettre ces petits rebelles dans sa poche ; que l'arrivée du pathologique Mondain (Grégory Gatignol) va provoquer des catastrophes...), et que le glissement du bordel violent à l'harmonie chorale, voire fraternelle, ait mérité un traitement moins abrupt, on "marche" tout de même de bon cœur, tant les acteurs se fondent avec justesse et bonheur dans l'atmosphère générale. Gérard Jugnot est totalement crédible dans le rôle, et le jeune Jean-Baptiste Maunier, qui chante réellement, manifeste une profondeur tout à fait bluffante. Christophe Barratier évite intelligemment tout  pathos. L'émotion chaleureuse, la tendresse larvée qui émanent de ce "pion" a priori banal, ne versent jamais dans le sentimental larmoyant. Et c'est bien ainsi.

    Un critique, (Les Inrockuptibles), a écrit que "...cette comédie bien franchouillarde pue surtout les bons sentiments". Pour ma part, je trouve que les "bons sentiments", par eux-mêmes, ne "puent" jamais ! A moins, peut-être, que les narines soient habituées à renifler uniquement les poubelles. En revanche, ils peuvent être plus ou moins subtilement amenés au cœur du public. Ici, il me semble que le bon goût est de mise. Alors, même si le classicisme est roi, il n'y a aucune honte à l'honorer...

Bernard  Sellier  

  

 

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