Choukri (Gad Elmaleh), arrive d'Afrique du Nord, mais, afin
d'apitoyer les personnes auxquelles il demande un hébergement, se
fait passer pour un réfugié politique d'Amérique du Sud. Il est
accueilli par un prêtre, le Père Leon (Claude Brasseur), qui lui
trouve un emploi de réceptionniste et d'homme à tout faire chez une psychologue, le docteur
Nicole Milovavovich (Catherine Frot). Choukri avoue bientôt à
celle-ci qu'il s'est toujours senti beaucoup plus femme qu'homme. Elle
lui permet de venir travailler habillé dans la tenue féminine qui
lui convient...
Chouchou nous confronte au problème bien connu de la bouteille à
moitié vide ou à moitié pleine. Du côté de la vision optimiste, il y a
Gad Elmaleh qui, a partir du personnage qu'il avait créé en spectacles
de salles, impose une personnalité farfelue, au parler peuplé de
barbarismes et de créations linguistiques hilarantes ("Va dans le
métro, Satanas"...), en toutes circonstances hautement attachante.
Jamais ses métamorphoses ne sombrent dans le ridicule ou dans le
vulgaire, tant la simplicité, la spontanéité et la gentillesse
naturelle s'imposent. Du côté de la vision plus pessimiste des choses,
il y a d'abord un scénario aussi mince que la taille de Chouchou. Le
film étire au maximum, et de manière basique, quelques situations à
l'intérêt par ailleurs assez souvent discutable, car plusieurs
personnages secondaires sont aussi improbables que grossis ou
caricaturaux (l'inspecteur de police déjanté...). Ensuite, il est
regrettable que ce soit la tiédeur qui domine l'ensemble. Nombre de
petites saillies orales de Chouchou sont ponctuellement amusantes,
quelques scènes sont tendres, mais cela ne suffit pas à susciter
l'enthousiasme sur la distance. Enfin la mise en scène, très simpliste,
ne relève guère la saveur générale.