Nola
Carveth (Samantha Eggar), atteinte de troubles psychiques, est soignée
dans l'institut que dirige le docteur Hal Raglan (Oliver Reed),
créateur de méthodes thérapeutiques particulières. Son mari, Frank (Art
Hindle) souhaiterait que leur petite fille Candice (Cindy Hinds) ne
vienne plus voir sa mère le week-end, car des traumatismes apparaissent
sur son corps. Hal n'est pas de cet avis. La grand-mère de la
fillette, Juliana Kelly (Nuala Fitzgerald), est un jour retrouvée
assassinée. Il semble que Candice ait assisté au drame, mais elle
refuse d'en parler. Quelques jours plus tard, c'est au tour de
l'ex-époux de Juliana, Barton (Henry Beckman), de succomber de la
même manière...
Pour ses premiers films, avant "Dead Zone",
David Cronenberg visitait déjà les perturbations mentales qui l'ont
toujours fasciné, mais d'une manière très primaire qu'il métamorphosera
par la suite en explorations nettement plus subtiles ( "Faux semblants", "Spider", par exemple ). Dans le cas présent, tout comme pour ses oeuvres précédentes ( "Frissons" ou "Rage"
), l'idée de départ ( la puissance de l'esprit, la matérialisation des
pulsions violentes ) est originale, mais la logique ou la vraisemblance
laissent à désirer ( on ne comprend pas les motivations du médecin ),
et il est manifeste que le budget est étriqué. La conséquence première
est que l'impact dramatique et menaçant des "créatures" manque
nettement de crédibilité et donc de puissance pendant la majeure partie
de l'intrigue. Reste que le réalisateur réussit, malgré ce handicap,
associé à un second, qui est le déficit d'expressivité de Art Hindle, à
produire un dénouement saisissant. La réussite est loin d'égaler celle
des chefs-d'oeuvre ultérieurs ( "La Mouche")
mais Cronenberg sait déjà créer un univers personnel dans lequel
l'esprit et la matière se livrent une joute permanente et sauvage. A
noter que le titre français est totalement idiot, contrairement à
l'original : "la couvée". La musique de Howard Shore, caricaturale à
souhait, est particulièrement usante !