4 Octobre 1957. Le
premier Spoutnik russe est lancé. Le lendemain, dans la petite ville
minière de Coalwood, en Virginie, c'est l'effervescence. Tout le
village est sorti pour voir passer dans le ciel le satellite. Pour
Homer (Jake Gyllenhaal), fils de John Hickam (Chris Cooper),
c'est la révélation. Avec l'aide de trois copains, dont Quentin Wilson
(Chris Owen), le petit génie auquel personne n'adresse la parole, il
décide de construire des fusées. Les premiers essais ne sont pas
vraiment concluants ! Mais leur enseignante, Mademoiselle Riley (Laura
Dern), les encourage vivement...
Parodiant la célèbre
phrase prononcée le 20 juillet 1969 par Neil Armstrong "C'est un petit
pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité", on pourrait
dire de ce film : "C'est un sujet bien mince pour un scénario, mais une
grande leçon d'amour et d'idéal pour les spectateurs". Cette quête
authentique d'un improbable arrachement à la tradition familiale, à
l'esclavage de la mine, à l'anéantissement programmé d'une vie étouffée
par l'obscurité de la terre, est filmée avec intelligence, sensibilité,
humour, tendresse, toutes ces qualités qui transfigurent un "petit"
propos en un tableau magique qui propulse au ciel celui qui le
visionne. C'est une surprise réjouissante que de voir le réalisateur de
"The Rocketeer" et de "Jumanji", qui ne sont pas vraiment des modèles
de finesse, entrer avec pudeur, finesse dans les rapports humains de
Homer et de son père, faits de heurts, d'une incompréhension
certaine, de désaccords fondamentaux, mais dans lesquels l'amour
originel ne disparaît jamais totalement. Un amour qui souffre, subit
les mortifications des événements, se distend jusqu'à la limite du
point de rupture, mais ne se dissout à aucun moment dans le néant de la
haine. Une fresque simple, sans effets de mode, simplement fidèle à la
candeur illuminée de ces quatre garçons qui créent avec un optimisme
persévérant, le fantastique dans leur vie quotidienne désespérante.
Magnifique.