1914 en Egypte. Un savant découvre sur une paroi le symbolisme
d'une arme absolue contre le mal. Mais des extraterrestres viennent
prendre possession des quatres pierres nécessaires, promettant qu'ils
les rapporteront 300 ans plus tard, lorsque le besoin s'en fera
sentir. Au vingt-troisième siècle, une gigantesque boule de feu
s'approche de la terre, avant tout sur son passage, et menaçant de
détruire le monde. Comme promis, les 4 pierres sont rapportées, mais
l'abominable Zorg (Gary Oldman) charge des monstres de s'en emparer
pour lui. Ce qui est fait. Mais le coffret censé les contenir est
vide. Pendant ce temps, Corben Dallas (Bruce Willis), ancien major
reconverti en chauffeur de taxi, voit atterrir dans son véhicule une
étrange créature, Lee Loo (Milla Jovovich), qui cherche à joindre
le Père Cornelius (Ian Holm), afin de l'aider à sauver
l'humanité...
Luc Besson s'en est donné à coeur joie dans ce
concentré de divers genres, qui éclate tous azimuts. Il passe
allégrement du jeu video (le décor futuriste de cette ville dans
laquelle les véhicules volants s'entrecroisent par milliers, à
des vitesses folles), au "sérieux" archéologique, en
bifurquant par le délire des soirées branchées sur le vaisseau de
Fhloston Paradise, la débauche de créatures bizarroïdes, façon
"Total
Recall", et,
ponctuellement, quelques moments de grâce presque poétique. Le tout
baignant dans un humour extravagant, original, continuellement
inventif. Que ce soit un Gary Oldman au look inénarrable, une diva
synthétique bardée de tuyaux, entonnant un air d'opéra
mélancolique dont les vocalises se modulent en fonction du combat que
mène conjointement Lee Loo, un Bruce Willis toujours prêt à sauver
le monde, mais ici un peu noyé dans l'excentricité générale, un
Ruby (Chris Tucker) déjanté, on n'en finirait plus d'énumérer
toutes les trouvailles du réalisateur. C'est énorme, parfois
jouissif, quelquefois lourd, souvent amusant, fréquemment clinquant,
toujours infantile. Alors, de deux choses l'une : ou bien on regarde
tout ce fatras comme un divertissement jubilatoire, avec des yeux
d'enfant, et on s'écrit : génial. Ou bien on voit cette débauche
d'effets comme un panachage de n'importe quoi, un étalage braillard
et ridicule de tripatouillages vidéo au service d'un scénario
prétexte, et on passe la main. Pour ma part, malgré le côté un peu
usant de certaines séquences, et l'absence générale de subtilité,
la joie délirante qui explose de toutes parts parvient à faire
passer au second plan les appréciations peu flatteuses que la raison
ne manque pas d'émettre sur l'artificialité totale du produit.