L'empereur Ping (Chow
Yun-Fat) a épousé en secondes noces la PrincessePhoenix (Gong Li). Elle
lui a donné deux enfants. C'est le fils d'un premier mariage qui doit
monter plus tard sur le trône. Depuis quelques semaines, la jeune femme
est malade. Pourtant, elle ingurgite à heures régulières les infusions
que son époux lui a ordonnées. Lorsqu'elle apprend que les troubles
dont elle est victime sont dus à une plante que l'empereur a fait
ajouter à ses breuvages, elle entreprend de se venger...
Comme c'était déjà le cas pour "Hero",
mais avec beaucoup plus
d'intensité encore, nous retrouvons la magnificence visuelle propre au
réalisateur. Il est impossible de ne pas être impressionné, voire
subjugué par la beauté des costumes, par la splendeur des décors
intérieurs ( car il ne se passe pas grand chose à l'extérieur de
l'enceinte du palais royal ). Cependant, si l'on parvient à s'arracher
à la contemplation de cette avalanche d'or et d'étoffes chatoyantes, on
retombe quelque peu des hauteurs admiratives pour constater que
l'esthétisme outré cache un scénario sinon prosaïque, tout au moins
limité. Non que le sujet en lui-même soit inintéressant. Shakespeare a
laissé des monuments qui ont pour fondement les rivalités ou vengeances
inter-familiales. Dans le cas présent, c'est peut-être justement
l'excès de beauté physique qui freine quelque peu la participation
émotionnelle du spectateur à ce drame pourtant poignant. D'autant plus
que Gong Li impose son personnage de reine abandonnée avec une
intensité bouleversante. Mais ces rivalités entre puissants d'un autre
âge et d'une civilisation totalement étrangère à la nôtre parviennent
difficilement à faire émerger la compassion qui semblerait
naturelle en de telles circonstances. Quant aux
affrontements guerrriers, ils laissent eux aussi perplexes.
Là
encore l'outrance (des milliers de guerriers sans doute numérisés) et
une étrange façon de filmer rend ces scènes quasiment abstraites, comme
s'il s'agissait de pantins déshumanisés.
Impressionnant de majesté, mais tout de même globalement frustrant.