Roger Sartet (Alain Delon) est un
multi-récidiviste qui n'hésite pas à tuer. Enfin arrêté par le
Commissaire Le Goff (Lino Ventura), il est présenté devant le Juge
d'Instruction. Mais, par l'intermédiaire de sa soeur, Monique
(Danielle Volle), Roger a contacté Vittorio Manalese (Jean Gabin),
qui, contre copieux émoluements, organise son évasion. Tout se
déroule à merveille. Une fois en sûreté, Sartet propose à son
libérateur un coup exceptionnel. Dérober les bijoux uniques exposés
à la Villa Borghese. En effet, incarcéré dans la même cellule que
l'ingénieur ayant conçu les plans du système de sécurité, Sartet
n'a eu aucun mal à les obtenir...
Une musique mythique qui résonne dans toutes les oreilles, une
distribution de premier choix, un scénario simple, mais habilement
construit... Pas étonnant que cette oeuvre soit entrée dans le
panthéon des rediffusions permanentes. Henri Verneuil s'est
spécialisé solidement dans une efficacité sobre. Certes, presque
quarante ans après, les goûts ont évolué. Les styles ont
radicalement changé. En visionnant cette aventure, il ne fait pas de
doute que nous sommes dans un temps révolu. Les personnages existent
avec force, mais bien davantage par le charisme de leurs interprètes,
que par leur profondeur psychologique. L'écrin dans lequel se
déroule l'histoire est réduit à quelques miettes secondaires. Nous
sommes loin, très loin, de l'atmosphère intime, fouillée, riche en
détails, à la violence éruptive, du "Parrain",
qui est quasiment contemporain. Et, reconnaissons-le, le film de
Verneuil, concentré sur la matière brute, n'a pas conservé le même
pouvoir d'envoûtement que l'oeuvre de Francis Ford Coppola. Lino
Ventura est réduit à un squelette. Gabin endosse à la perfection un
rôle classique de Pater Familias mafieux. Quant à Delon, toujours
sombre et ténébreux, il n'atteint pas ici la dimension dramatique
que lui avait permis son personnage du
"Samouraï".