Dans
un avenir proche, Lionel Canter (James Cromwell) a réussi à créer des
clones d'humains. Mais, au bout de quelques années, son invention,
destinée à aider les humains, est devenue une entreprise dévoyée par
les militaires et la principale société de fabrication, VSI. Les êtres
de chair et d'os vivent une existence par procuration, se gardant ainsi
de tous les dangers que recèle le monde extérieur. C'est ainsi que,
pendant que le flic humain Tom Greer est étendu sur son fauteuil
de stimulation, bien à l'abri, son clone enquête sur le meurtre étrange
du fils de Lionel Carver...
Le sujet est loin d'être inintéressant. Outre une thématique bien dans
l'air du temps sur le plan technique et scientifique, le scénario
propose une réflexion très contemporaine sur notre attitude face aux
dangers quels qu'ils soient, à l'heure où nos exigences de sécurité
tous azimuts s'accroissent de plus en plus. L'atmosphère véhiculée par
le film ne manque pas non plus d'une certaine crédibilité, avec ses
teintes très particulières et ses personnages figés et lissés.
Malheureusement, au bout des 90 minutes, exception faite de quelques
séquences éparses, il ne reste pas grand chose dans la mémoire, tant
les péripéties demeurent dans leur majorité superficielles. Les
personnages sont à l'image de leur clones, une froide décalcomanie de
l'être humain véritable. Quant au look de Bruce Willis, déjà
passablement ridicule dans le "Chacal" de
Michael Caton Jones, il atteint ici des sommets de risible dans sa
version clone, avec une moumoute particulièrement gratinée.
Au final, un petit film de science-fiction qui aborde un domaine
passionnant, mais demeure globalement très superficiel, et surtout ne
profite pas des multiples richesses que recelait le sujet.