Quelques mois de la vie sentimentale et
professionnelle plus ou moins agitées de quatre copains : Antoine
(Bernard Campan) marié à Lili (Fabienne Babe) ; Jeff (Gérard Darmon),
séparé de Françoise (Ludmila Mikael) ; Manu (Jean-Pierre Darroussin),
qui rencontre un jour fortuitement ce qui sera peut-être le grand amour
en la personne de Juliette (Florence Thomassin) ; et Alex (Marc
Lavoine), marié à la jalouse Nanou (Catherine Wilkening)...
Marc Esposito, journaliste à l'origine de "Studio" et de "Première",
paraît-il, est allergique aux films "intellos". Connaissant cette
prémisse, le spectateur peut s'attendre à une oeuvre estampillée "bonne
qualité française" classique, et, de fait, il ne sera ni surpris par
une originalité dérangeante ni bousculé dans ses racines
andro-psychologiques. Ces quatre figures couvrent de manière souvent
attachante et sympathique, mais sans grand mystère, la gamme des
comportements masculins que l'on peut rencontrer, chaque jour, dans
notre famille ou dans le cadre du boulot. Le dragueur impénitent et
lâche, (Alex), qui n'hésite pas à jurer, les yeux dans les yeux, à sa
femme, qu'il ne l'a jamais trompée, alors qu'ils sort des bras de l'une
de ses maîtresses. Il faut dire que, fort prévoyant, il possède dans
son bureau un petit meuble où des chemises propres attendent la fin de
ses ébats extra-conjugaux. On est rusé, ou on ne l'est pas ! Antoine,
le "cocu", sensible et meurtri, dont le ressort amoureux s'est cassé.
Manu, le charcutier, auquel le ciel compatissant envoie une sirène
envoûtante (délicieuse Florence Thomassin, qui apporte un piment
bienvenu à l'ensemble de la distribution). Et Jeff, ancien meurtri du
coeur, lui aussi, qui cherche dans une jeunesse, Elsa (Zoé Felix), la
fraicheur du renouveau vital et la paternité que sa femme lui a jadis
refusée.
Pas de grandes surprises dans cette mosaïque traditionnelle gentiment
dialoguée, jouée avec talent par des acteurs rompus à ce genre
comico-psychologique primaire, et filmée classiquement. Ce type de
réalisation est un peu à l'image d'une glace : délicieuse dans
l'instant, goûteuse, mais éphémère. Les bons mots, la connivence des
copains, la résonance que toutes ces aventures éveillent en chacun de
nous, masquent le temps de la vision le manque de profondeur des
analyses et la superficialité voulue des caractérisations. Mais,
lorsque le générique de fin se déroule, il ne reste pas beaucoup
d'éléments qui s'impriment dans la mémoire. Et puis manque
également la patte grinçante, le grain de folie qui faisait du dyptique
"Un éléphant ça trompe
énormément" et "Nous irons tous au paradis" une réussite inoubliable.
Film sur
IMDB