Big Bob Carter (Ted Levine), ancien policier
à la retraite, traverse, avec sa femme Ethel (Kathleen Quinlan), ses
enfants et son gendre Doug (Aaron Stanford), un désert proche de la
Californie. Sur les conseils d'un vieux pompiste, Papa Jupiter (Billy
Drago), ils empruntent ce qu'ils croient être un raccourci. En fait,
ils tombent dans le piège que leur tend une bande de dégénérés, aussi
atteints physiquement que cérabralement par des retombées
radioactives...
Trente ans après le célébre film de Wes Craven, c'est un Français qui
remet le couvert, si l'on peut dire. Etait-ce vraiment utile ? A chacun
de se faire une opinion. Quoi de neuf sous le chaud soleil du Névada ?
Sur le plan scénaristique, pas grand chose. D'ailleurs, à part de
rarissimes exceptions, le spectateur a toujours droit, dans les
créations de ce genre, à la même tambouille, quel que soit le
réalisateur aux commandes. La recette ne varie pas d'un chouia ("Détour mortel", "Wolf Creek"...), et la
différence se mesure uniquement sur le sadisme plus ou moins intense,
l'horreur plus ou moins visuelle, l'approche plus ou moins glauque du
phénomène.
Dans le cas présent, Alexandre Aja a manifestement choisi une voie
différente de celle adoptée par Greg McLean dans "Wolf Creek". Aucun penchant
pour un récit à la sécheresse presque documentaire, mais au contraire
une immersion assumée dans le monstrueux extrême et le hideux tant
visuel qu'événementiel. Les adeptes du genre apprécieront certainement.
Ceux qui aiment frémir sans forcément baigner dans la laideur et
l'abjection gratuites seront plus réticents. Cela dit, le talent du
réalisateur est indéniable. Il utilise avec habileté un décor à la fois
monotone et varié dans ses formes, et ne lésine pas sur le scabreux.
Quant aux maquilleurs, ils n'ont pas dû chômer !