Tristan (Stéphane Bierry),
fils de Christine Martin (Anny Duperey) vient de fuguer, en compagnie
d'une jeune fille, probablement vers les Alpes Maritimes. Paul, son
mari (Michel Aumont) accepte d'aller interroger le père de
l'adolescente, hôtelier à Nice. Mais il se fait insulter et éconduire.
Désespérée, Christine décide d'appeler à son secours l'un de ses
anciens amants, Jean Lucas (Gérard Depardieu) et, histoire de lui
forcer un peu la main, lui avoue que Tristan est son fils. Mais Lucas,
auteur d'un livre sur la mafia niçoise et son patron, Rossi, n'est pas
très chaud pour gagner la Promenade des Anglais. Christine se tourne
alors vers François Pignon, qu'elle avait fréquenté à la même époque,
et lui sert la même histoire. Pignon, éternel candidat aux suicides
ratés, retrouve le goût de vivre et se lance sur les traces de son
prétendu fils. Il rencontre à Nice Lucas, qui a décidé, lui aussi, de
partir en quête du fugueur. Mais il ne tarde pas à recevoir une
invitation "pressante" de la part de Rossi...
Après moult passages
télévisés, ce film a évidemment perdu un peu de sa fraîcheur. Cela
n'empêche tout de même pas d'apprécier à sa juste valeur ce tandem,
inauguré dans "La chèvre", et qui fonctionne tout à fait
convenablement. Gérard Depardieu se montre fort à son aise dans ce rôle
en demi-teinte de balèze au coeur tendre et Pierre Richard est
l'hurluberlu parfait. Sa séance de pleurs sur commande dans la
station-service est mémorable. Certes l'aventure s'essouffle un peu à
mi parcours, la psychologie est des plus simplistes (l'adolescent est
plus mûr que ses deux soi-disant pères réunis), et l'histoire policière
plaquée sur cette tragi-comédie familiale n'atteint pas vraiment
l'intensité de "Seven" !... Mais nous sommes dans le léger, le plaisir
primaire de rencontrer deux personnages antinomiques, caricaturés avec
simplicité, le tout joué par deux acteurs qui prennent un
plaisir visible et communicatif à ce parcours délirant. C'est du
classique solide , suffisamment jouissif pour dérider les zygomatiques
rouillés.