Conan (Arnold Schwarzenegger) est un Sumérien
qui vit avec ses parents dans une peuplade qui a maîtrisé le fer et en
a fait une sorte de Dieu. Un jour, alors qu'il est enfant, une troupe
de guerriers commandés par Thulsa Doom (James Earl Jones) détruit son
village et massacre tous les habitants. Pendant près de vingt ans,
Conan va être enchaîné à une gigantesque meule qu'il fait tourner
inlassablement. Devenu adulte, il devient un redoutable combattant et
part à la recherche de Thulsa, qui est devenu une sorte de gourou tout
puissant hypnotisant les foules.
La scène d'ouverture et, plus encore la vengeance finale qui méritent
effectivement tout à fait le qualificatif de barbare, possèdent une
certaine grandeur. Pour ce qui est du remplissage central, le
spectateur peut demeurer assez déconcerté. C'est une espèce de
fourre-tout qui associe tant bien que mal l'humour (la compagne de
Conan faisant le coup de poing contre les fantômes qui veulent emmener
son chéri vaut le coup d'oeil !), la magie, l'amour, avec une certaine
lenteur qui confine parfois à l'ennui. Le scénario se distend par
moments un peu trop et l'on a plutôt tendance alors, à rire de la
dégaine d'Arnold que de se préoccuper de ses aventures guerrières. La
crédibilité n'est pas non plus un des points forts de l'histoire : les
chevaux des agresseurs du début ont des harnachements que ne
renieraient pas certains chevaliers et les festivités orgiaques qui se
déroulent à l'intérieur de la montagne semblent les soeurs des soirées
romaines de Caligula. Quant à l'odieux Thulsa, le moins que l'on puisse
dire est que sa prestance et sa coupe de cheveux au carré font un peu
grand guignol. Heureusement que sa méchanceté et ses tours de magie
viennent un peu relever la sauce que son aspect aurait pu faire
tourner...
Un film qui se laisse voir, mais qui ne figurera pas au panthéon des
oeuvres impérissables...