Laura Siprien (Monica Bellucci) travaille comme interprète de russe.
Ne pouvant avoir d'enfant, elle a adopté un bébé d'origine extrême
orientale, Liu-San (Nicolas Thau). Lorsque l'enfant atteint sept ans,
une étrange marque apparaît sur son corps. Le docteur Vonkel (Peter
Bonke) diagnostique une simple contusion. Mais d'étranges
phénomènes commencent à se produire, les uns oniriques, les autres
bien réels, comme l'assassinat du médecin...
Inutile de s'étendre sur le développement de cet imbroglio car, si
le roman de Jean-Christophe Grangé se révéle assez passionnant,
comme le sont "Les rivières pourpres" ou "Le vol des
cigognes", le film, lui, génère une consternation permanente.
La stupéfaction est d'ailleurs d'autant plus grande que le mélange
de suspense, de fantastique et d'ésotérisme devrait être détonant.
Ici, rien ne fonctionne.
Les personnages, plus improbables les uns que les autres (Catherine
Deneuve... n'en parlons pas, par charité !), sont dessinés avec une
pauvreté maladive. Les dialogues sont transparents à force de
platitude. Le scénario se traîne pitoyablement. Ce n'est pas tant
l'invraisemblance qui afflige. Après tout, on ne croit pas une
seconde aux aventures d'Indiana
Jones. Mais l'énergie que déploie Spielberg, la gourmandise avec
laquelle il développe l'aventure, multiplie les excès
jubilatoires, sapent à la base toute irritation du mental
raisonnant. Dans le cas présent, non seulement on se
contrefiche de l'histoire, ce qui est un comble, mais encore nombre de
séquences sombrent dans le risible, ce qui n'est pas vraiment le but
recherché ! Et que dire de l'ennui qui s'installe dès le premier
quart d'heure et s'épaissit inexorablement jusqu'au dénouement...
Décidément, Jean-Christophe Grangé n'a pas beaucoup de chance avec
les adaptations qui sont faites de ses ouvrages. Après "Les
rivières pourpres", que Mathieu Kassowitz reconnaissait
lui-même avoir peu réussies, et qui, pourtant, sont bien
supérieures à ce qui est proposé ici, nous sombrons dans
l'affligeant. "DaVinci Code"
prend à côté l'apparence d'un chef-d'oeuvre ! Cependant, à
la décharge des réalisateurs et/ou adaptateurs, il faut reconnaître
que la tâche ne doit pas être aisée. L'accumulation d'événements
dramatiques au fil de quatre cents pages dans lesquelles le lecteur se
plonge durant une dizaine d'heures, élabore un monde fantastique qui
finit par devenir une réalité. Dans un film de cent minutes, la
même accumulation donne à l'oeuvre l'apparence d'un tissu grossier
doté de mailles aussi énormes que gratuites.
Attendons l'épisode suivant... L'espoir fait vivre !