Emilie (Alexandra
Concalvez), 9 ans, fille du Capitaine de police Richard Malinowski (Jean
Dujardin), est violée et assassinée par un maniaque. Un suspect,
Daniel Eckmann (Laurent Lucas), rapidement arrêté, avoue puis se
rétracte. Il est pourtant reconnu coupable et condamné à trente ans
de prison. Un an plus tard, Richard commence à recevoir des lettres du
meurtrier qui clame son innocence. Un fait nouveau, l'arrestation à
Bordeaux du tueur en série Salinas (Jean-François Garreaud), et son
passage près de l'endroit où la fillette a été tuée, pousse
Malinowski à enquêter de nouveau...
L'intérêt du film ne réside pas vraiment dans le sujet, maintes fois
traité, ou dans la trame du récit, très classique, mais dans la
transformation, assez surprenante, du thème de la contre-enquête.
Franck Mancuso, flic de profession, et scénariste de "36,
quai des Orfèvres", relate le parcours étonnant de ce père
meurtri avec une rapidité (moins de 80 minutes pour quasiment trois ans
d'histoire) qui n'a d'égale que la sécheresse utilisée. C'est un peu
comme un entomologiste en apparence très détaché
émotionnellement, que le réalisateur met en scène les relations
ambiguës de ces deux êtres, reliés par une tragédie. Mais, a
posteriori, cette froideur générale dérangeante trouve sa
justification dans le dénouement. Jean Dujardin se montre relativement
crédible dans cette incarnation à cent lieues de "Brice
de Nice" ou du déjanté "OSS
117". Mais, globalement, outre ses choix douteux, l'ensemble,
doté d'un scénario très linéaire, mis en scène de manière plus que
basique, habité de personnages minimalistes, demeure très primaire, ne
marque guère l'esprit, et ne procure aucune émotion durable.