Charlotte
(Laura Smet) "monte" à Paris avec son ami Paul (Nicolas Duvauchelle).
Elle doit effectuer des examens médicaux approfondis, et le diagnostic
se révèle sombre : une tumeur maligne des poumons. Elle doit commencer
une
chimiothérapie. Paul demeure auprès d'elle pour la soutenir dans
l'épreuve. Il fait la conaissance de Ninon (Marie Denarnaud), une vague
cousine de Charlotte perdue de vue depuis quelques années. Paul se sent
irrésistiblement attiré par elle...
Il est
impossible de nier la sincérité du propos, ainsi que l'authenticité
avec laquelle les trois acteurs vivent le quotidien intense et
douloureux de leurs personnages. Charlotte,
murée dans la souffrance et rongée par la jalousie autant que par la
maladie. Paul, taciturne, intériorisé à l'extrême, submergé par la
violence des émotions qui naissent de sa confrontation avec ces deux
jeunes filles dont les corps et les âmes abordent la vie de manières
radicalement opposées. Enfin
Ninon, gourmande de l'existence et des plaisirs qui y sont rattachés.
Le sujet de fond lui-même attire irrésistiblement la compassion,
d'autant plus que le réalisateur a choisi, judicieusement, une approche
sobre, là où certains de ses collègues auraient pu déverser des
torrents mélodramatiques. Mais ce dépouillement, associé à une banalité
certaine des situations, ainsi qu'à une économie extrême des échanges
verbaux ( dont on perd, qui plus est, une bonne partie, tant
la
faiblesse du son et l'articulation minimaliste des acteurs rendent la
perception difficile, comme c'est souvent le cas dans les films
français ! ), finissent par se retourner contre l'oeuvre, laissant une
large partie du temps le spectateur à l'extérieur de ce drame pourtant
poignant.
Une oeuvre qui souffle le chaud et le froid, globalement
pesante, malgré une sensibilité ponctuelle à fleur de peau, et quelques
moments paroxystiques.