Marisa Ventura (Jennifer Lopez) est femme de
chambre à l'hötel Beresford, un des palaces de Manhattan. Elle est
divorcée et élève seule son fils, Ty (Tyler Posey). Stephanie Kehoe
(Marissa Matrone), sa collègue de travail, l'encourage à postuler pour
un poste de responsabilité. Un jour, suite à une méprise, Christopher
'Chris' Marshall (Ralph Fiennes), membre de l'Assemblée, la prend pour
Caroline Lane (Natasha Richardson), une richissime résidente de
l'hôtel. Il devient amoureux au point de mettre en péril son image de
marque, que son conseiller, Jerry Siegel (Stanley Tucci), a bien de la
difficulté à conserver intacte...
Mélange à l'originalité restreinte de "Pretty woman" (en moins
charmeur) et de Cendrillon, cette histoire simple, bourrée de bons
sentiments et colorée rose bonbon n'en demeure pas moins sympathique et
idéale pour une soirée tranquille, loin des poursuite et mitraillades
tonitruantes. Si l'on accepte l'aspect conte merveilleux (somme toute,
pourquoi pas, puisque la réalité nous prouve souvent, dans le
constructif comme dans le destructif, qu'elle est infiniment plus
inventive que l'imagination !), et que l'on concentre son attention sur
les caractéristiques positives du film, il est tout à fait possible de
prendre un petit plaisir éphémère à cette romance entre la servante
(délicieuse, cela va sans dire) et l'homme politique dont
l'"incorrection" se limite au strict minimum, à l'improbable sagesse de
ce petit gamin déluré de dix ans, ainsi qu'aux péripéties convenues qui
génèrent suffisamment de mouvement ou d'attention pour que l'ennui ne
s'installe pas.
C'est du pur produit hollywoodien estampillé "comédie romantique". Mais
Jennifer Lopez irradie un charme envoûtant, Bob Hoskins compose un
maître d'hôtel assez charismatique, et le scénario nous donne
l'occasion de voir Ralph Fiennes esquisser quelques sourires. Crispés,
certes, mais contrastant de manière heureuse avec les faciès
ténébreux ou traumatisés auxquels il nous a habitués ("Le patient anglais"...). Nous sommes assez
loin de "4 mariages et un enterrement" à l'humour acide et
iconoclaste, de la poésie insolente qui baigne "Beaucoup de bruit pour rien", mais l'ensemble ne manque
pas de menus charmes...