William Thacker (Hugh Grant) est divorcé. Il
tient dans le quartier londonien de Notting Hill une petite librairie.
Un jour, entre dans sa bourique Anna Scott (Julia Roberts), l'actrice
d'Hollywood la plus en vogue, qui présente en Angleterre son dernier
film, "Helix". Un petit incident, et, contre toute attente, Anna
accepte d'accompagner William à l'anniversaire de sa soeur. Le coup de
foudre est-il sur les rails d'un chemin paradisiaque ? Pas forcément,
car le petit ami d'Anna, Jeff King (Alec Baldwyn) revient à
l'improviste...
Trois ans après le thriller médical "Mesure
d'urgence", Hugh Grant revient à la comédie légère, charmante
et féérique avec ce "Coup de foudre". L'histoire est bâtie sur le plus
délicieux fantasme qui puisse exciter les neurones et le coeur de tout
cinéphile : voir une rencontre fortuite avec son idole se métamorphoser
en une passion qui transcende les contingences d'argent ou de situation
sociale. Gagner, en sa compagnie, le doux nuage doré qui réserve aux
amants une éternité d'harmonie et de jouissance... Même si,
personnellement, ma préférence irait à Jodie Foster, je reconnais
volontiers que Julia Roberts, dix ans après "Pretty woman", possède
toujours autant de charme et de finesse. Quant à Hugh Grant, il semble
avoir été directement moulé àdès sa naissance, pour ce type de
personnage lunaire et habilement maladroit qui fait craquer le coeur
féminin le plus endurci.
Une fois ce concept de base accepté, ( après tout, la réalité est bien
souvent plus inventive que la fiction ), reste à considérer le
traitement cinématographique de ce conte. Là, à mon sens, les choses se
gâtent un petit peu. Dans ce type d'aventure romanesque, ce sont
évidemment les rebondissements et les personnages secondaires qui
créent un écrin plus ou moins vivant, brillant, pour y déposer la
corbeille finale des amoureux qui s'ignorent. Ici, malgré des
caractères amusants (Spike (Rhys Ifans),le colocataire déjanté de
William, sa soeur Honey (Emma Chambers), punkie joviale et spontanée),
on ressent tout de même une fabrication un peu laborieuse et
artificielle. Sans compter que, contrairement au génial "4 mariages, un enterrement",
ou même "le mariage de mon meilleur ami", d'assez fréquents passages à
vide viennent étouffer un rythme déjà languissant.
Ceci dit, pour qui aime les transpositions modernes et actualisées des
contes de son enfance, avec princes charmants et Cendrillons qui se
révèlent Reines (ou le pendant masculin, comme ici), cette comédie est
tout de même fort honorable.