Veronica Franco (Catherine Mc Cormack) vit à Venise au seizième siècle.
Elle est follement amoureuse du bel aristocrate Marco Venier (Rufus
Sewell), mais sa condition pécuniaire modeste lui interdit cette union.
Marco se refusant à braver l'opposition de sa famille, la mère de
Veronica décide d'éduquer sa fille dans la "fonction" qui était la
sienne naguère : courtisane. Bientôt, tous les dignitaires de Venise
s'arrachent les faveurs de la belle...
Cette fresque, inspirée de l'histoire véritable de Veronica Franco,
enchante par sa splendeur visuelle et sonore. La reconstitution du
Venise d'antan est fascinante de vie, de bruit, de fureur, de couleurs
et de sons.
N'ayant jamais lu les mémoires originales, j'ignore si la joie
spontanée et l'insouciance qui baignent de légèreté et de désinvolture
toute la première partie, sont authentiques. Mais qu'importe, après
tout, lorsque la beauté, l'humour (grivois) l'énergie vitale intense
irradient de chaque plan et enivrent le spectateur.
Le charme de Catherine Mc Cormack, qui incarne ce beau portrait d'une
femme volontaire et digne découvrant son accomplissement dans la
maîtrise des hommes, et n'hésitant pas à se mesurer à eux dans les
joutes poétiques aussi bien que dans le maniement de l'épée, contribue
lui aussi grandement à la fascination qu'exerce sur nous cette époque
dissolue, insouciante, superficielle qui plonge ensuite brutalement
dans le drame.
Il serait sans doute vain de rechercher une quelconque vérité
historique. Il semble légitime de penser que l'attrait de Veronica pour
cette situation est passablement enjolivé. Peut-être aussi ce final
enthousiasmant, qui fait étrangement penser à celui du "Cercle des poètes disparus",
ne reflète-t-il qu'imparfaitement une réalité qui semble ici bien belle
!
Toujours est-il que l'on ne peut que succomber au charme des images, au
charisme des personnages et à l'accompagnement mélodique qui, dès la
scène d'ouverture, sensuelle et magique, soutient et
accompagne les méandres de cette comédie tragique.