Emu O'Hara (Julie Condra) est venue
à San Francisco pour peindre. Un jour, dans un coin isolé, elle assiste
à l'exécution de deux hommes, dont le fils du puissant Shido Shimazaki
(Mako), par un mystérieux tueur, Yo Hinomura, surnommé le Freeman (Mark
Dacascos). Il la retrouve à Vancouver. Sa mission y est double :
exécuter Shido et la jeune femme, car personne ne doit connaître son
visage. Il s'acquitte de la première partie du contrat, échappe de peu
aux assassins de Ryuji Hanada (Masaya Kato), successeur de Shimazaki,
et regagne le Japon où le retrouve Emu, devenue sa compagne...
Inspiré d'une bande dessinée japonaise, cette oeuvre se démarque des
habituelles adaptations de BD. Christophe Gans réussit à installer une
atmosphère originale, prenante, quasiment magique, hypnotique, qui
concilie avec maestria des extrêmes a priori difficilement compatibles.
Paix et violence, beauté et horreur, poésie et bestialité, ombres et
lumières se partagent les champs visuels, le rythme narratif, mais
aussi la plastique des personnages, l'esthétique des décors.
Yo est devenu un "Fils du dragon", un exécuteur aux pouvoirs quasiment
surnaturels. Le choix de Mark Dacascos est déjà, à lui seul, étonnant.
Visage d'une douceur angélique, traits anguleux qui
l'apparentent à une statue vivante, yeux d'un noir de jais
aux pupilles absentes, il semble jaillir d'un autre monde. Mélange de
fragilité sensible et de force invincible. L'histoire entremêle des
moments proches de la méditation, des ralentis qui ne prennent jamais
l'allure d'un artifice, mais participent profondément à l'impression
de temps suspendu, des giclées soudaines de violence, des paysages
bucoliques semblant appartenir à un Eden abandonné, des souterrains
sataniques où règne une étrange sorcière intemporelle et menaçante. Des
scènes mémorables, étonnantes, s'imprègnent profondément dans la
mémoire : le meurtre de Rossi (Alex Diakun) sur la musique du choeur de
"Nabucco" de Verdi ; Yo emprisonné nu dans les bras d'une statue...
Fascinant !
> Le film sur IMDB.com