Martine (Zabou) et son
mari Jacques (Sam Karmann) ont invité à dîner d'anciens copains,
Charlotte (Agnès Jaoui) et son compagnon devenu un célèbre journaliste
et présentateur de télévision. Les invités arrivent avec presque deux
heures de retard, ce qui ne manque pas de créer certaines tensions.
D'autant plus que Georges (Jean-Pierre Bacri), qu'ils hébergent
momentanément, est un râleur professionnel et que Frédéric (Jean-Pierre
Darroussin), le frère de Martine, est un joueur invétéré à la recherche
d'argent frais pour calmer des créanciers peu compréhensifs...
Sympathique pièce
vaudevillesque dans laquelle 90% de la réussite repose sur les acteurs,
tous excellents, dans des rôles pour lesquels ils ont, en général, une
affinité particulière. Jean-Pierre Bacri, bien sûr, dont le masque
désespérément caustique et cinglant semble être une seconde peau.
Jean-Pierre Darroussin en lunaire passablement cynique. Zabou en
maîtresse de maison popote, virant peu à peu à l'hystérie. Irène Jaoui,
toujours aussi belle et charismatique en mondaine blasée...
Tout ce petit monde
s'agite, déprime ou explose dans un décor unique, sans que cette unité
de lieu, bien exploitée, engendre la monotonie ou nuise au rythme. Tout
se passe donc dans les annexes de ce grand appartement et, trouvaille
intelligente, nous ne verrons jamais cette vedette médiatique autour de
laquelle gravitent les personnages, et qui est le catalyseur abstrait
de l'expression des frustrations et des rancoeurs enfouies.
C'est drôle tout en
étant assez finement analysé, même si le résultat paraît plus
artificiel et moins dramatiquement abouti qu'il ne le sera trois ans
plus tard dans le génial "Un air de famille" sans parler du récent et remarquable "Comme une
image".