Sarah Bailey (Robin Tunney) emménage à Los Angeles avec son
père (Cliff de Young) et sa belle-mère Jenny (Jeanine Jackson). Au
collège, elle fait la connaissance de trois jeunes filles, Nancy
Downs (Fairuza Balk), Bonnie (Neve Campbell) et Rochelle (Rachel
True), qui ont la réputation d'être sorcières. Devenues
inséparables, elles fréquentent la librairie ésotérique de Lirio
(Assumpta Serna), achètent des livres de magie, et commencent à
effectuer des travaux pratiques. Les résultats ne tardent pas à se
manifester...
Calibré ados tant par la musique branchée (qui casse d'ailleurs
sensiblement l'atmosphère surnaturelle qui se veut envahissante) que
par le milieu dans lequel évoluent les quatre "vipères",
l'histoire est évidemment totalement farfelue, faisant la part
beaucoup plus belle aux effets spéciaux modernes qui commençaient à
fleurir à l'époque ("La mort vous va si bien"), qu'à une
quelconque vraisemblance ou à une recherche de terreur pure. Cela ne
signifie pas que l'ensemble soit mal fait. Emmené par une Nancy
parfaitement flippante et déjantée, le quatuor ne manque ni de
charme ni de puissance évocatrice. Les péripéties sont classiques
et nous offrent quelques spécimens occultes : lévitation,
psychokinésie, envoûtements, suggestions hallucinatoires... Bref, le
bréviaire de la petite sorcière en formation. Quelques décors
sont réussis (par exemple l'antre de Lirio) et le scénario tient
assez convenablement la route jusqu'à une image finale dont la
noirceur tranche dramatiquement avec la bouffonnerie qui, jusqu'alors,
semblait dominer la partie. Le rapport entre le sérieux et le
facétieux demeure tout de même largement à l'avantage du second, et
l'ensemble, qui demeure ludique de bout en bout, se regarde avec
plaisir. Les neurones sont au repos, la raison raisonnante ferme son
clapet, seule l'imagination débridée et les fantasmes un tantinet
pervers ont droit de cité...