Jacques Sauniere (Jean-Pierre Marielle), conservateur au musée du
Louvre, est assassiné par un fanatique, Silas (Paul Bettany). Avant
de mourir, il a le temps de tracer sur son corps des symboles
mystérieux. Pendant ce temps, Robert Langdon (Tom Hanks), professeur
de symbolisme religieux, donne une conférence à Paris. Le
commissaire Bezu Fache (Jean Reno) l'informe du crime qui vient
d'être commis, et lui demande son assistance pour décrypter les
signes. Alors que les deux hommes se trouvent auprès de la
dépouille, survient Sophie Neveu (Audrey Tautou), envoyée par le
service de cryptologie. Elle parvient à informer discrètement Robert
qu'il est en danger, le policier étant persuadé qu'il est
l'assassin. Langdon s'enfuit avec la jeune femme...
N'ayant pas encore cédé aux sirènes du matraquage médiatique qui a
propulsé le livre aux sommets de la popularité, c'est avec
l'innocence de l'ignorant que j'ai visionné le film. Après deux
heures trente de projection, le premier commentaire qui surgit est
celui-ci : tout ça pour ça ? Parce que, quelle que soit la qualité
du livre, ce qui en a été tiré cinématographiquement est assez
affligeant ! Il y a des réalisations qui se distinguent par leurs
"qualités" intrinsèques, "bonnes" ou
"mauvaises". Que l'on se sente en harmonie ou en opposition
avec certains choix ("La passion du
Christ" ou "Alexandre"
en sont de bons exemples récents), il est impossible de dénier à
Oliver Stone ou surtout à Mel Gibson d'avoir délibérément choisi
des partis-pris extrêmes et dérangeants.
Dans le cas présent, le film de Ron Howard pourrait se définir par
une suite de "ni, ni...". Ce qui nous est présenté n'est
ni un film policier, ni une oeuvre de réflexion, ni un pamphlet
subversif, ni un délire aventureux. Bien trop poussive et banale pour
entrer dans la première catégorie, bien trop primaire pour effleurer
la seconde, bien trop fouillis pour dénoncer quoi que ce soit et
briller dans la troisième, bien trop pâle pour flirter avec la
quatrième, l'histoire est une sorte de croisement improbable entre
une aventure de Tintin modernisée et un épisode des "5
dernières minutes" ("mais c'est bien sûr...").
Malgré son talent inné, Tom Hanks est fort peu crédible en
professeur spécialiste du symbolisme. Il est utile de préciser qu'il
semble s'ennuyer profondément ! Son personnage, ballotté de ci de
là au gré des péripéties, ne parvient jamais à affirmer une
individualité saillante. Jean Reno, lui, est quasiment transparent.
Sophie s'en tire légèrement mieux, mais les deux figures qui
s'imposent, sont incontestablement celles de Sir Leigh Teabing (Ian
McKellen) et de Silas, en obsédé meurtrissant sa chair pour
atteindre l'harmonie christique. Malheureusement, cela est loin de
suffire pour extirper l'ensemble d'un fatras inextricable, qui prend,
au fur et à mesure de la progression narrative, l'allure de sables
mouvants.
Non seulement on ne comprend pas grand chose à cet affrontement
bi-millénaire de l'Opus Dei, du Vatican, du Prieuré de Sion, des
Templiers, d'Isaac Newton..., mais surtout, l'absence de maîtrise de
la trame fait que l'on s'en contrefiche désespérément ! Les
séquences "actives" sont quasiment sans intérêt (quelques
poursuites ou revolvers braqués). Ce qui est plus grave, c'est que,
pour couronner le tout, d'interminables explications viennent casser
le peu de rythme qui, parfois, tentait de ranimer l'énergie
vacillante de l'aventure. C'est verbeux, assommant, long, ennuyeux à
mourir, aussi clair que du jus de boudin, souvent à la limite du
ridicule, et... sans humour ! Quitte à partir dans des délires
extravagants, que ce soit au moins divertissant ! Spielberg nous en a
fourni un sacré bon exemple, avec sa quête du Graal, façon Indiana
Jones ("I.J. &
la dernière croisade"). Le livre de Dan Brown n'a
certainement pas de mal à se montrer plus enthousiasmant que cette
ratatouille catarrheuse ! Force est souvent de constater que les
ouvrages enivrants donnent parfois naissance à des adaptations pour
le moins misérables. Il suffit de considérer les mises en images
affligeantes du "Comte de Monte-Cristo" ou des
"Rivières pourpres"... Deux exemples extrêmes parmi des
centaines...
Pour ceux qui s'intéressent
sérieusement à d'autres
"explications" que celles fournies par les Conciles ou la
tradition Vaticane, plusieurs voies sont à explorer. Tout d'abord les
"ouvrages" de Rudolf
Steiner, au premier rang desquels : les 4 évangiles et "De
Jésus au Christ". Ensuite les évangiles apocryphes (ex. "Evangile
de Thomas"). Egalement des "visions" d'auteurs,
tels Anne & Daniel
Meurois-Givaudan. Enfin, pour ce qui est des mystérieuses
activités de l'Opus Dei et autres Prieuré de Sion, la lecture du
"Livre
jaune N°5" & du "Livre
jaune N°6" (Editions Felix) apportera des hypothèses
passionnantes à défaut d'êtres sûres à 100%...
P.S.
Une curiosité à déguster... Un spécialiste japonais a reconstitué
électroniquement les voix de Léonard
de Vinci et de Mona
Lisa... Décidément, le progrès technique nous réserve bien des
surprises. D'ici qu'on nous fasse réapparaître un Jésus
reconstitué à partir d'une molécule ADN, il n'y a pas loin !!!