A New York, un trio de malfrats déjantés
commet un braquage et s'enfuit en voiture par le tunnel qui passe sous
l'East River. Dans leur panique, ils provoquent un accident. Ce qui
pourrait n'être qu'un banal fait divers prend une toute autre ampleur,
car leur véhicule heurte un camion transportant, en toute illégalité,
des déchets toxiques explosifs. La déflagration est monstrueuse et fait
s'effondrer une partie de la structure. Un petit groupe de survivants
est prisonnier dans le tunnel. Kit Latura (Sylvester Stallone),
chauffeur de taxi, témoin de la catastrophe, décide d'intervenir. Il
était en effet, quelques années plus tôt, responsable des équipes
médicales d'urgences de la ville, avant d'être viré de son poste suite
à une faute commise...
Rob Cohen, après avoir donné, la même année, un "Coeur de dragon"
sympathique et moralisant, semble depuis avoir pris le chemin
des grosses machineries primaires "xXx",
"Fast and furious", "Furtif", dans lesquelles le 100% dynamite occulte
totalement subtilité ou intelligence. Dans cet hymne à la gloire du
vaillant Stallone (car, on s'en doute bien, le malheureux a été victime
d'un témoignage calomniateur, lors du jugement !), le bruit et la
fureur ont déjà une place de choix. La mise en route du drame est
passablement impressionnante et, reconnaissons-le, malgré un scénario
bien mince, la conduite de l'histoire ne ménage pas les tensions et
sursauts angoissants. La bande son fait la part belle aux explosions,
craquements, grincements, dégoulinades en tous genres. Pour un peu, on
léverait même les yeux, histoire de vérifier que le plafond de
l'appartement n'est pas en train de nous choir sur la tronche ! Si on
accepte de faire abstraction de tous les poncifs habituels au genre
catastrophe (séquences démonstratives, dialogues bâtards, improbables,
ultra-préfabriqués et mélodramatiques, simplisme des caractères, sans
oublier l'inévitable chien !), on vérifiera que l'ensemble ne manque
pas de punch. Stallone fait son boulot de héros affublé d'un coeur
grand comme ça, avec le talent que donne l'habitude. Du travail de
réalisateur-bulldozer, mais un moment tout de même intense...
Le plus émouvant reste cependant l'image finale immortalisant les deux
"Twin towers"...