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" De  l'amour ",       2001,

de : Jean-François  Richet,

avec : Virginie Ledoyen, Stomy Bugsy, Jean-François Stevenin, Bruno Putzulu, Brigitte Roüan, Karim Attia, Jean-Marc Thibault,

 Musique : Bruno  Coulais

*******

  

    Maria Martinez (Virginie Ledoyen) sort avec Karim (Yazid Aït). Son ami Manu (Stomy Bugsy) aimerait bien obtenir les faveurs de Linda (Mar Sodupe). Tous quatre vivent en banlieue, plus ou moins difficilement. Maria découvre qu'elle est enceinte et n'ose pas en parler à Karim. Un jour, elle vole une culotte dans un supermarché et se retrouve en garde à vue. L'inspecteur Parenti (Bruno Putzulu), qui habite près de Linda, reçoit sa déposition et ordonne sa libération. Mais dans le commissariat, sévit Bertrand (Jean-François Stevenin), aussi violent  que raciste et stupide...

    Chronique d'une banlieue ordinaire, pourrait-on dire, malheureusement, avec ses adolescents-adultes un peu paumés, qui ne sont capables de voir dans l'avenir qu'une répétition noire et déprimante de ce qui a été le cadre de leur passé. Durant toute la première partie du film, on navigue un peu dans le brouillard. S'agit-il d'une fresque sociologique sur les cités, d'une fable intimiste à la Romeo et Juliette ? L'incertitude règne. Les personnages sont bien dessinés, sans parti-pris caricaturaux. Simplicité et sobriété s'imposent, en adéquation avec les tempéraments de ces jeunes dont la vie se résume à un boulot inintéressant, stressant, et à la création d'une relation humaine et, parfois, amoureuse. La communication est difficile, peut-être plus à cause des blocages intérieurs de chacun, que pour des raisons de cultures différentes. Karim et Manu apparaissent, au premier abord, un peu méprisants, voire machos, puis leurs personnages s'humanisent subtilement et révèlent le côté noble de leur caractère. Maria est vaguement révoltée, coincée entre un père (Jean Marc Thibault), anti-capitaliste primaire, et un stage professionnel qui ne correspond en rien à son idéal. Pour braver la société qui l'oppresse, elle vole délibérément. Toute cette première partie pourrait s'intituler "de la tristesse". 

    Puis, l'histoire bascule avec le drame de Maria. Et celui-ci prend vraiment toute la dimension de son titre. Elle qui se trouvait sur la corde raide, menaçant à chaque instant de basculer vers le côté obscur, trouve dans la souffrance subie, qui se révélait la justification idéale de ce choix irrémédiable, l'opportunité et l'énergie de choisir la voie positive. Dans la scène quasi muette qui met en présence Bertrand et Maria, l'amour, le vrai, celui qui sait pardonner, sinon oublier, se dévoile. Tous en sortent grandis, peut-être même l'odieux Bertrand. Virginie Ledoyen qui, jusqu'alors, affichait un personnage un peu en sursis, en filigrane, prend toute sa dimension d'être humain autonome. Richet a délaissé le social pour peindre l'individu aux prises avec sa conception de l'amour. Et c'est bien ainsi, même si l'émotion demeure contenue ou bridée.

Bernard  Sellier                             

 

 

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