John Smith (Christopher Walken) et Sarah Bracknell
(Brooke Adams) sont enseignants et amoureux. Tout serait pour le mieux
dans le plus parfait des mondes si, un soir, un terrible accident de
voiture ne plongeait John dans un coma de 5 ans. A son réveil, il
apprend que Sarah s'est mariée et se rend compte que son traumatisme
provoque par moments des visions concernant les personnes qu'il touche.
Poursuivi par les médias et par des monceaux de lettres, il décide de
quitter la clinique du docteur Weizak (Herbert Lom) pour se retirer,
d'abord chez son père, puis dans une villa retirée. Mais bientôt, le
passé le rattrape. Sarah est devenue agent de campagne du candidat
sénateur Greg Stilsson (Martin Sheen) et une réunion publique a lieu
non loin du domicile de John...
Je porte, depuis toujours, une affection particulière à ce film. Pour
des raisons purement et personnellement émotionnelles, mais aussi pour
ses qualités intrinsèques. Un scénario très habilement agencé
jusqu'au final, particulièrement judicieux, une tension permanente qui
met en parallèle, fort subtilement, les événements dramatiques et la
souffrance intérieure de John, une composition émouvante et
remarquablement sobre de Christopher Walken, miné intérieurement par
la détresse d'une vie qu'il ne contrôle plus, un Martin Sheen
irradiant de cynisme, et une source de réflexion passionnante sur le
libre-arbitre de l'homme, la possibilité de connaître l'avenir ou de
le modifier.
Il est fort intéressant de constater que cette hypothèse purement
scénaristique de l'interaction possible de l'individu sur le destin
trouve aujourd'hui une possibilité d'explication et de crédibilité si
l'on se réfère aux hypothèses de certains physiciens et scientifiques
modernes (Karl Pribram, Régis Dutheil...) qui envisagent un
univers-matrice qui contiendrait le Tout et dont les manifestations
terrestres que nous connaissons pourraient prendre différentes formes.
Pour éclairer un peu ce sujet hautement complexe, un livre de
vulgarisation passionnant existe : "L'univers est un
hologramme" de Michael Talbot.
A l'époque, David Cronenberg n'avait pas encore plongé dans le délire
aberrant de "Crash",
et il était capable de construire des histoires passionnantes et
angoissantes, remarquablement construites, telles "La
Mouche"
et ce "Dead zone".