|
DECOMPOSITION
|
|
Poème inspiré du
film : " Amadeus " de Milos Forman
Avertissement : il peut être
préférable d'avoir vu le film avant de lire le poème...
|

|
Jadis enfant frustré
d'un père tyrannique,
Qui ne voyait dans l'art que vaines fariboles,
Tu exauças, Seigneur, mon ardente supplique :
Verser à ton crédit mes vibrantes oboles.
|

|
La gloire a couronné mes efforts valeureux,
J'ai célébré Ton Nom en douces mélodies,
Chanté Ton Paradis en thèmes langoureux,
Au sein de mes portées, gravé Ton harmonie.
|

|
Aujourd'hui, je suis mort, broyé par un enfant,
Insolent et vulgaire, orgueilleux et vantard.
Il croque dans la vie, futile, triomphant,
S'abreuve de plaisirs et suce Ton nectar.
|

|
Qu’ai-je donc fait, Seigneur, pour mériter ta haine ?
Pourquoi m’arraches-tu du piédestal sacré,
Où j’abreuvais mes jours à la riche fontaine,
De ton intarissable générosité ?
|

|
Ton regard se détourne de ma dévotion,
Tu jettes la semence de tes majestés,
Sous les doigts facétieux de ce vil mirliton,
Qui vit d’extravagance et de frivolités.
|

|
Souffle de ton courroux ou brise messagère ?
Il balaie la poussière de nos traditions,
Se rit de ces lourdeurs fanées, crépusculaires,
Qui font une momie de nos compositions.
|

|
Je vous en prie, Seigneur, pardonnez ma colère.
Je me voyais porteur d’un céleste étendard.
A cette heure mes jours ne sont plus que galère,
Je ne suis que mendiant dans le Ciel de Votre Art.
|

|
Ses doigts désincarnés, sur le clavier s’envolent,
Transmuent la ritournelle en cantique des anges,
Dressent au firmament la romance frivole,
Des beautés de Ton Ciel égrènent les louanges.
|

|
Je te vomis, Mozart,
fossoyeur de ma vie
Tu foules, inconscient, le sol de mes victoires,
T’abreuvant à ma source, aspirant mes espoirs.
Je te vomis, Mozart, car tu
es un génie !
|
|
02/02/2004
|