Au
cours d'une soirée d'observations astronomiques, un
adolescent,
Leo Beiderman (Elijah Wood) découvre une étoile inconnue. La
photographie est envoyée par son professeur à un ami astronome. Un an
plus tard, Jenny Lerner (Tea Leoni), une journaliste, mène l'enquête
sur la démission mystérieuse du Secrétaire au Trésor Allan Rittenhoue (James
Cromwell), causée, semble-t-il par une liaison avec une certaine Ele.
La vérité est bientôt révélée au grand public par le Président Tom Beck (Morgan
Freeman) lui -même. Les initiales E.L.E désignent en fait une possible
extinction de la race humaine qui pourrait être causée par une énorme
comète risquant de heurter la terre de plein fouet dans quelques mois.
Une mission spatiale, avec à son bord l'un des astronautes ayant marché
sur la lune, Spurgeon Tanner (Robert Duvall), est envoyée pour tenter de faire
exploser le météorite...
L'histoire ressemble étrangement à l'"Armageddon"
de Michael Bay. Bonne nouvelle, si l'on s'adresse aux pourfendeurs des
outrances grotesques dans lesquelle "brille" Bruce Willis, ou mauvaise
nouvelle si l'on s'adresse aux amateurs de délires hautements
excitants, l'oeuvre de Mimi Leder tient beaucoup plus du drame que du
film catastrophe attendu. Alors que la tradition du genre impose
classiquement une avalanche de péripéties et d'actions de plus en plus
spectaculaires, virant souvent à l'overdose grotesque, dans le cas
présent c'est plutôt un déficit de ces éléments que l'on peut reprocher
à la réalisatrice. Si l'on fait exception des dernières minutes,
d'ailleurs fort réussies, et d'un assez bref passage sur la météorite,
il ne se passe pas grand chose sur le plan purement visuel.
Cela
ne signifie pourtant pas que l'histoire manque de force, loin de là. En
effet, même si certaines séquences n'échappent pas à la prévisibilité,
même si la première partie comporte beaucoup de bavardages, il n'en
demeure pas moins que les personnages, souvent bien dessinés et
incarnés (quelle distribution !), possèdent une réelle présence et se
révèlent tous aussi intéressants que crédibles. Le désir de
vraisemblance est réel, le drame est mené avec sérieux, sans esbroufe
racoleuse, mais avec une efficacité qui s'intensifie dans la seconde
moitié (l'angoisse et la panique qui suivent le tirage au sort des
personnes autorisées à intégrer les blockaus souterrains sont rendues
de manière fort convaincante). Autant dire que si le spectacle ne
demeure pas dans les mémoires pour sa multitude d'effets spéciaux, il
intègre sans problème le cénacle très fermé des films de ce genre
intelligemment construits et sobrement menés.