La Nouvelle-Orléans. Un ferry-boat sur lequel ont pris place plusieurs
centaines de passagers, dont de nombreux militaires, explose. Très
rapidement, Doug Carlin (Denzel Washington) comprend qu'il s'agit d'un
attentat. Quelques heures après le drame, le corps d'une jeune femme,
Claire Kuchever (Paula Patton), est repêché. Les brûlures qu'elle
porte semblent indiquer qu'elle fait partie des victimes. Le problème
est qu'elle est morte deux heures avant l'explosion. Doug comprend
qu'elle est une clé vers l'identification du terroriste. L'intervention
de l'Agent Spécial Pryzwarra (Val Kilmer) va ouvrir des portes
explicatives que Carlin était loin de soupçonner...
Cette histoire, fidèle à l'esprit et au style clinquant de Tony Scott
pourrait n'être qu'un énième polar (très) banal. Construit sur une
trame des plus primaires (retrouver l'auteur d'un carnage), et peuplé
de personnages qui ressemblent à des ombres, le traitement narratif
demeure en effet avec constance au ras des pâquerettes. Heureusement,
fidèle à son goût pour les innovations technologiques, le
réalisateur dégoupille ici deux nouveautés qui viennent pimenter
quelque peu la soupe originelle particulièrement fade. D'une part
l'observation des individus, déjà évoquée avec efficacité dans
l'excellent "Ennemi d'Etat",
mais ici transfigurée par un traitement holographique qui permet de
visualiser les espaces en 3D. D'autre part, surtout, par l'intervention
d'un malaxage du temps, qui n'est pas sans rappeler l'aventure
extraordinaire vécue par l'équipage du Nimitz ("Nimitz,
retour vers l'enfer"). Ces aspects fantastiques suffisent-ils
à rendre le film inoubliable ? Pas vraiment. Une fois la découverte
digérée, le suspense replonge dans la course contre la montre
classique. Mais, ce qui grève surtout l'enthousiasme, c'est la
pauvreté des caractérisations psychologiques, tout simplement passées
à la trappe. Même Denzel Washington, pourtant apte à humaniser
n'importe quel personnage même squelettique, éprouve bien de la difficulté, ici, à nous
rendre attachante son incarnation, tant le costume humain qu'il endosse
est transparent. Ne parlons même pas de Val Kilmer qui fait de la
figuration, ou de James Caviezel terriblement sous-exploité. Nous
sommes vraiment dans l'exemple type du "tout pour la
technique". L'ensemble est donc distrayant, superficiellement
excitant, malheureusement à 95 % oubliable dès que le générique se
déroule.