Dix-huitième James Bond
"officiel".
La troisième guerre mondiale menace. En effet, en mer de Chine, un
navire de guerre Britannique est coulé par deux Mig Chinois. L'heure
est à la riposte. Mais "M" (Judi Dench), chef des Services
Secrets, a un doute. Cette apparente déclaration de guerre ne
serait-elle pas un leurre généreusement offert au monde par le magnat
de la presse, Elliot Carver (Jonathan Pryce), mégalomane obsédé par
le pouvoir que représentent ses émissions et ses journaux ? James Bond
(Pierce Brosnan) est donc dépêché à Hambourg, pour assister à la
réception mondaine qui accompagne le lancement d'un nouveau satellite
de communications. Il y retrouve une ancienne conquête, Paris (Teri
Hatcher), devenue Madame Carver...
Comment parvenir à renouveler le filon lorsque l'on atteint le
dix-huitième opus ? Difficile... Pour sa première incursion dans le
monde James Bondesque, Roger Spottiswoode, à qui l'on doit l'efficace
"Randonnée pour un tueur",
ne démérite pas et fournit un ensemble conforme à ce que l'on peut
attendre contruit sur une base scénaristique relativement novatrice et
intéressante (le pouvoir tentaculaire et absolu des médias). C'est
bourré de poursuites abracadabrantes, de combats homériques,
d'explosions volcaniques, de gadgets sympathiques (la BMW qui se pilote
sur téléphone portable et livre des commentaires déplacés à l'image
du taxi robot de "Total Recall"),
saupoudré d'une pincée d'humour classique (la seule agréable surprise
naît de la courte incursion jouissive du Docteur Kaufman (Vincent
Schiavelli), expert es-tortures et assassinats), illuminé par la
présence (trop courte) de Teri Hatcher et d'une kung-fu woman aussi
efficace que charmante (Michelle Yeoh)... Bref, du tout venant, de bonne
qualité certes, mais qui respire beaucoup le déjà vu. On voyage peu
dans ce Bond, à peine si l'on aperçoit le décor envoûtant de la
merveilleuse baie vietnamienne d'Along.
Un Bond qui se laisse voir, mais qui ne laissera pas un souvenir
impérissable...