John Hatcher (Steven Seagal) est un flic
spécialisé dans la répression des narco-traficants. Comme souvent au
commencement des films, il éprouve un ras le bol qui le conduit à
prendre une retraite momentanée. Contrairement à Rambo, il ne choisit
pas un temple bouddhiste, mais plus prosaïquement la ville de province
où habite sa soeur. Bien évidemment, il ne tarde pas à se heurter à de
méchants trafiquants Jamaïcains dirigés par un chef encore plus
méchant, Screwface (Basil Wallace).
Les films de Steven Seagal ne posent pas trop de difficultés au
chroniqueur. Ils sont construits sur le même moule et ce ne sont pas de
menues variantes qui compliquent le travail. On commence par un évident
détachement des choses de ce monde, une volonté à laquelle on ne croit
pas une seconde, de laisser désormais le monde aller comme bon lui
semble, puis, les événements inscrits au scénario aidant, on se
retrouve avec le valeureux héros contraint-forcé de mener la vie dure
aux méchants. C'est très reposant pour les méninges car la fin est
connue et quasi visualisée dès le commencement !
Le film de Dwight Little ne déroge pas à la règle, mais on ne peut lui
dénier une certaine gueule, comparé à d'autres avatars qui suivront.
Non grâce à Steven Seagal, toujours immuable et égal à son image
archétypale, mais grâce à l'introduction du personnage de Screwface et
de la mythologie vaudou qui l'accompagne. L'aspect magie noire et
envoûtement des adeptes apporte un petit plus à cette imagerie
passablement sauvage et emplie de massacres en tous genres. Les décors
et les cérémonies introduisent une atmosphère sombre et maléfique
quelque peu originale.
Ceci étant, l'ensemble demeure tout à fait basique dans ses éléments
narratifs et plafonne au niveau zéro quant à la psychologie des
personnages. Mais là n'est bien sûr pas le but de la réalisation...