Merry
(Dominic Monaghan) et Pippin (Billy Boyd), les deux Hobbits, ont été
faits prisonniers. Dans le pays du Rohan, le roi Theoden (Bernard Hill)
a été envoûté par le pouvoir de Saroumane (Christopher Lee). Aragorn
(Viggo Mortensen), toujours accompagné de Legolas (Orlando Bloom) et de
Gimli (John Rhys Davies), parvient à le sortir du maléfice. Theoden
décide d'emmener son peuple, menacé par les milliers de soldats de
Saroumane, vers la forteresse du gouffre de Helm. Sa fille, Eowyn
(Miranda Otto) le suit. Pendant ce temps, Frodon (Elijah Wood), flanqué
de son fidèle Sam Gamgee (Sean Astin) rencontre une étrange créature,
Smeagol (Andy Serkis) qui accepte de les mener vers la montagne du
Mordor...
Cette seconde partie est nettement plus touffue que "La
communauté de l'Anneau".
De nombreux personnages nouveaux apparaissent, de façon quelquefois
abrupte ;la narration a souvent une fâcheuse tendance à la
dispersion ; la poésie, la féerie se font légèrement plus
artificielles, et certaines séquences (par exemple la fuite à épisodes
multiples de Frodon et de Smeagol) tirent vraiment en longueur. Malgré
une incontestable maîtrise des récits multiples, l'équilibre est
difficile à tenir, le spectateur a plus d'une fois l'occasion
de perdre un peu le fil de ces actions éclatées, et l'ennui pointe même
le bout de son nez (les scènes quelque peu répétitives et languissantes
de Sylvebarbe).
Il va sans dire que le spectaculaire est toujours présent. Que ce soit
la merveilleuse qualité des décors, les sortes de
ptérodactyles-montures, les oliphants, les arbres vivants, ou, bien
évidemment le très long siège du château, on peut constater à chaque
plan que l'argent a été investi dans son
intégralité. Les personnages, même d'importance secondaire, vivent
intensément. Frodon voit son évolution se complexifier, son psychisme
gagner, si l'on peut dire, en perturbation, et le rôle de son ami Sam
s'accroître. Mais à aucun moment je n'ai retrouvé l'équilibre
magique du premier épisode qui donnait aux trois heures d'aventure, une
pureté de ligne narrative incomparable. Ici, l'accumulation des zones
dans lesquelles les drames éclatent simultanément, provoque une
obligatoire fragmentation qui nuit à l'intensité émotionnelle générale.
Cela dit, j'ai tout à fait conscience de la gageure que représente
cette mise en images et, bien qu'à mon goût ce volet soit beaucoup
moins envoûtant que le premier, il n'en reste pas moins une création
visuelle hors du commun.