Dexter (Michael C. Hall) est devenu le conjoint de Rita (Julie Benz) et
le père d'un petit Harrison. Cette nouvelle situation ne se révèle pas
vraiment une sinécure. Le nouveau-né pleure abondamment, la jeune femme
attend de son époux une attitude responsable, et les voisins se
montrent particulièrement envahissants. Tout cela perturbe beaucoup
Dexter qui mélange en plein tribunal les expertises, et voit remettre
en liberté, par sa faute, un meurtrier notoire. Il ne lui reste donc
plus qu'à le liquider, mais, même dans cette pratique devenue quasi
routinière, il parvient, suite à un accident de voiture, à oublier ce
qu'il a fait du corps !
Durant une large première moitié, cette nouvelle et peut-être dernière
saison (?) souffle alternativement le brûlant et le tiède. Ce à quoi
nous n'étions guère habitués jusqu'alors. La vie familiale de Dexter
occupe une large place, ce qui, en soi, est loin d'être rhédibitoire,
car la personnalité profonde du quidam est pour le moins originale,
passionnante et richissime. Mais cette prééminence relègue un peu au
second plan les tensions dramatiques et criminelles, affaiblissant, du
même coup, les dimensions crépusculaires, sauvages, qui habitaient en
permanence les précédentes saisons. Il serait même possible de dire que
la narration est parfois languissante, que l'intrigue est un tantinet
erratique, à l'image de la conscience du héros, que la sensation
permanente d'urgence s'est évaporée, bref que la routine pointe le bout
de son vilain nez. Et cela, malgré la présence hautement magnétique de
John Lithgow, aussi charmeur dans la bonhomie altruiste "Jekyll" que
tétanisant dans son aspect "Hyde". Mais... Les créateurs ont le génie
de savoir rebondir avec autant d'efficacité que de soudaineté. Ce qui
nous donne droit, à mi-parcours, à un rebondissement intense ainsi
qu'au final à un drame que l'on n'est pas près d'oublier et qui semble
ouvrir la porte à une saison 5.
Malgré tout, globalement, cette quatrième épopée laisse un chouia
perplexe, d'autant plus que le dénouement semble avoir été précipité
comme si les scénaristes, après avoir batifolé un brin en cours de
route, s'apercevaient qu'il commençait à être urgent de conclure, à
deux épisodes de la fin...