John McClane
(Bruce Willis) a une douzaine d'années de plus que lors de sa "Journée en enfer", mais
l'action doit bigrement lui manquer. En effet, chargé d'une mission de
père tranquille, à savoir ramener au FBI un petit hacker, Matt Farrell
(Justin Long), spécialiste des intrusions illégales, le voilà
immédiatement plongé dans un maelström apocalyptique ! En effet, un
ancien membre des services secrets, Thomas Gabriel (Timothy Olyphant),
remercié sans ménagements, a décidé de provoquer un plantage généralisé
de toute l'infrastructure informatique des Etats-Unis. Après avoir
utilisé quelques as de l'ordinateur pour créer les programmes qui lui
sont indispensables, il entreprend de les éliminer. Heureusement pour
Farrell, John n'a rien perdu de sa maestria...
Le processus narratif n'a pas changé depuis les opus précédents.
L'acolyte chargé de mettre en valeur notre brillant sauveur a certes
changé de look : Zeus Carver (Samuel L. Jackson) de "Die Hard 3" a
laissé la place à un jeunot légèrement boutonneux, dont les frayeurs
juvéniles seront vite balayées par le souffle de l'héroïsme, comme on
peut s'en douter. A part cela, du classique. Un méchant qui n'a pas le
charisme de Jeremy Irons, une jolie kung-fu girl aussi charmante que
redoutable, et, modernité oblige, une surenchère d'effets spéciaux et
de prouesses physiques aussi improbables que spectaculaires. Nous
sommes en pays connu, et il ne fait aucun doute que si le soleil et la
terre décidaient d'exploser, John trouverait le moyen de sauter dans la
dernière navette spatiale disponible pour gagner Sirius !
Au vu des commentaires qui précèdent, on pourrait penser que le film
n'est qu'un gros soufflé ridicule et débile, genre "M.I.3". En fait, ce
n'est pas du tout le cas. Si l'on accepte les invraisemblances
sus-mentionnées, le scénario se révèle passionnant, la construction
dramatique est efficace, et l'importance de l'aspect informatique, qui
ne passe pas toujours très bien dans les récits policiers ou
dramatiques, n'est jamais rebutant. Certes l'originalité n'est pas au
top (il est facile de reconnaître au passage les influences de "24 Heures" ou des
réminiscences de MacClaneries antérieures), les personnages secondaires
(Bowman, Molina...) ne font que de la figuration, mais l'ensemble se
déguste avec plaisir et appétit. Quant à l'humour désabusé de John, il
n'a pas pris une ride...