Juillet
1982. Un gigantesque vaisseau spatial s'immobilise au-dessus de
Johannesburg. Lorsque les autorités pénètrent à l'intérieur, ils
découvrent des centaines de milliers d'extra-terrestres fort mal en
point. Ceux-ci sont parqués dans un terrain appelé "District 9".
Quelques années plus tard, l'espace est devenu un bidonville dans
lequel règnent violence et misère. Le MNU, second fabriquant d'armes
mondial, décide de délocaliser les indésirables. Pour cela, la société
délègue un de ses membres, Wikus van de Merwe (Sharlto Copley)...
Dès les premières images, le découragement jaillit. On se dit, ça y
est, encore un film qui va nous servir des entités extra-terrestres
façon "Alien", baveuses, répugnantes, voire
ridiculissimes, qui tiennent à la fois de l'insecte, de l'araignée ou
du gnome irradié. Comme si l'être humain était incapable d'imaginer des
frères éloignés sous une forme autre que hideuse et menaçante. Fort
heureusement, et c'est un des miracles du film, on oublie très vite cet
aspect a priori irritant. En effet, mené tambour battant, comme un
documentaire gorgé de réalisme et d'urgence (caméra à l'épaule, vidéeos
de surveillance en noir et blanc, interviews de divers intervenants de
l'époque...), le récit emporte le spectateur dans un drame tétanisant
qui métamorphose le Wikus originel, inconscient, stupide et fat, en un
être déchiré, vomi par les siens et profondément pitoyable. Parabole
sur le rejet de l'autre et l'exclusion, le scénario quitte cependant
assez vite l'aspect humain et social pour se concentrer sur l'aventure
individuelle, ce qui surprend quelque peu. Mais l'efficacité de la
réalisation, les décors bluffants de réalisme, le rythme infernal,
emportent sur leur passage toute velléité d'ergotage ou de critique.
Une approche fantastique originale, scotchante, époustouflante de virtuosité visuelle et narrative.
> Le film
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