Yann Le Pentrec,
dit "Dobermann" (Vincent Cassel) organise avec son équipe de choc,
Jean-Claude Ayache "Moustique" (Antoine Basler), Jacky Sueur "Pitbull"
(Chick Ortega), Elie Frossard "l'abbé" (Dominique Bettenfeld), Manu
(Romain Duris), et son amie Nathalie (Monica Bellucci), des casses de
banques particulièrement violents. La police représentée par
l'inspecteur Baumann (Marc Duret) est impuissante à enrayer cette vague
criminelle. Mais dans les rangs de la flicaille, il y a un certain
Sauveur Cristini (Tcheky Karyo) qui s'est juré d'avoir les têtes du
gang...
Lorsque le spectateur se
trouve face à une oeuvre manifestement dopée aux amphétamines, qui
ferait presque passer les films de Tarentino pour des créations pondues
sous camomille, il est forcément interpellé au plus profond de ses
tripes, ne serait-ce que pour la sauvagerie apparemment gratuite qui se
développe sous ses yeux. Bien sûr, l'ensemble se tient à
mi-chemin de la réalité physique et du monde virtuel des bandes
dessinées, où tous les délires sont permis. La caricature outrée des
personnages, dont pas un, exception faite, peut-être de Baumann, le flic "normal",
n'échappe à l'hystérie déjantée, le montage à la hache, la musique
psychédélique, les actions primaires, tout cela nous envoie dans un
univers virtuel que certains esprits un peu limités auraient tendance à
prendre pour la réalité. Entre "Dobermann", en fin de compte presque le
moins délirant, "l'abbé", "Pitbull", "Moustique", le travesti Olivier-Sonia (Stéphane Metzger), une Nathalie aussi
muette que siphonnée, et surtout un Tcheky Karyo au look et pulsions
ravageurs, on ne sait plus trop où découvrir une once de normalité dans ce foutoir aussi agité que bruyant.
Pour son premier long métrage, il ne fait aucun doute que Jan Kounen
frappait un coup de gong à faire péter les tympans et la raison, en
brandissant un savoir faire tech nique indéniable. Pourtant, plus
encore que cette hystérie cauchemardesque, traumatisante, mais
finalement très oubliable une fois le choc passé, c'est un mystère
intrigant qui s'installe dans le cerveau du spectateur : comment le
réalisateur, passionné, il est vrai par le contact avec les mondes
invisibles ("D'autres mondes"), a-t-il
pu, à moins d'avoir reçu une illumination soudaine, consacrer un
documentaire "Darshan, l'étreinte", à Amma, symbole de l'Amour
spirituel inconditionnel ?...
> Le film
sur IMDB.com