Le Capitaine John Reiseman (Lee Marvin) est
un officier efficace, mais mal noté pour cause d'insubordination
fréquente. A la veille du débarquement des Alliés en 1944, il reçoit
une mission pour le moins étrange : recruter une douzaine de condamnés
à mort, les former et effectuer une périlleuse mission en France :
s'infiltrer dans un château soigneusement gardé où de nombreux
officiers supérieurs allemands se rendent fréquemment pour se reposer,
et en tuer le plus grand nombre possible, afin de désorganiser l'armée
nazie.
Grand
classique dans la veine des "7 mercenaires", avec son lot de vedettes,
de "trognes" des années 50-60, Lee Marvin, Ernest Borgnine, Robert
Ryan, Telly Savalas. Mais, malgré une histoire bien improbable à la
base, cette aventure qui mêle habilement humour, sans les pitreries de
"MASH", et action, se regarde toujours avec autant de délectation
presque quarante ans après sa sortie. Les deux premiers tiers sont
d'ailleurs souvent plus proches de la comédie gentiment insolente et
antimilitariste que du film de guerre. La fin retrouve le monde sombre
des tueries et des explosions, mais à la façon des années soixante,
c'est-à-dire dans une certaine retenue propre. Rien à voir avec les
boucheries ultra réalistes qui nous assaillent depuis une dizaine
d'années, du génial "Il faut sauver le soldat Ryan" jusqu'à "Nous étions soldats". Ici, tout est soft, clean
et, même lorsqu'il pleut, la boue n'envahit jamais les tenues.
L'entraînement prétendu musclé de Lee Marvin semble lui aussi bien
gentillet face à la formation quasi sadique du camp de "Tigerland"... Et cependant, malgré
cet aspect qui nous apparaît aujourd'hui terriblement daté, l'oeuvre
conserve son charme magique. Grâce, principalement, il faut le
reconnaître, aux numéros jouissifs de certains acteurs qui,
visiblement, ont dû se délecter en tournant cette histoire folle. Au
premier rang, John Cassavetes, inoubliable numéro 11, mais aussi Donald
Sutherland, arborant avec candeur un air totalement ahuri, ou encore
Telly Savalas en allumé pseudo-mystique. Ajoutez à cela quelques
moments forts, d'autres savoureux, tel la leçon donnée à l'odieux
Colonel Breed (Robert Ryan), une séquence finale de bonne tenue, et il
en résulte un film délectable.