Une
petite ville tranquille de Californie. Mary (Dee Wallace-Stone), dont
le mari vient de la quitter pour partir au Mexique en compagnie d'une
autre, élève tant bien que mal (mais plutôt bien !) ses trois enfants :
Michael (Robert MacNaughton), l'aîné, Elliott (Henry Thomas) et la
petite Gertie (Drew Barrymore). Un jour, ou plutôt une nuit, Elliott
rencontre un petit être aussi étrange qu'extra-terrestre, qui était
venu sur terre avec ses compatriotes, effectuer, semble-t-il, une étude
scientifique. Mais la brusque arrivée d'humains avait obligé les
visiteurs à décamper rapidement, sans avoir le temps d'attendre leur
petit copain curieux. Elliott s'attache à son nouvel ami, qui se révèle
gorgé de ressources...
"T'as d'beaux yeux tu sais...". "E.T.... téléphone... maison...".
Certains films sont pour longtemps ancrés dans la mémoire collective
grâce à une phrase des plus anodines. Littéralement parlant, la
première réplique pourrait d'ailleurs, elle aussi,
s'appliquer sans contestation possible à la petite créature
de Spielberg, car les yeux sont assurément ce qu'il y a de plus réussi
chez E.T. Le croisement fantastique - film d'ados ne donne pas toujours
des résultats convaincants (voir "L'Indien du placard" ou "Jumanji").
Dans le cas présent la réussite aussi bien que le plaisir ou l'émotion
sont toujours au rendez-vous, même vingt-cinq ans après ! Grâce à une
intrigue toute simple, à des personnages attachants, au premier rang
desquels trône, bien sûr, le visiteur, grâce à une domination
permanente de la sensibilité sur le muscle ou l'intellect, le
réalisateur offre une illustration envoûtante de la célèbre phrase du
"Petit Prince" de Saint-Exupéry : "...on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel
est invisible pour les yeux". Apprivoisement mutuel, respect et appréciation
de l'inconnu, communion des consciences, tout cela constitue un
merveilleux voyage poétique et gentiment initiatique, dans lequel les
moments de magie le disputent à ceux de tendresse. Qu'importe si la
réalité est plus qu'adoucie et si le rêve balaie tout sur son passage.
Nous sommes emportés dans un monde parallèle à celui d'"Abyss", mais, contrairement à
l'oeuvre de James Cameron, celle de Spielberg ne joue pas la carte de
la beauté évanescente. Le choix esthétique d'E.T. est somme toute assez
curieux, en tout cas peu conforme aux canons de la beauté tels que nous
les prônons. Mais sans doute est-ce justement un moyen de développer
"l'intelligence du coeur"... Enfin, ne boudons pas le plaisir de
redécouvrir la petite Drew Barrymore, âgée de 7 ans, et
particulièrement craquante...